Apple fait son entrée dans le club des plus grandes valeurs boursières

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évolution du cours de bourse de Apple, à la Bourse de New York, le 23 septembre 2013 (Photo : Spencer Platt)

[06/03/2015 16:15:34] New York (AFP) Apple va intégrer l’indice vedette Dow Jones (DJIA) de la Bourse New York, remplaçant l’une des plus vieilles compagnies de télécommunications du monde, AT&T, et scellant la prééminence économique des nouvelles technologies.

Apple, qui pesait plus de 750 milliards de dollars vendredi en Bourse, soit la première capitalisation mondiale, va y remplacer à compter du 19 mars AT&T, entrée au sein du Dow Jones en 1916, selon un communiqué.

Mais AT&T ne “pèse” plus aujourd’hui que 174 milliards de capitalisation boursière et ne domine plus le marché des télécoms comme elle a pu le faire pendant un demi-siècle.

Apple, sous la direction de son “gourou” aujourd’hui décédé Steve Jobs, s’est imposé comme la plus innovante des sociétés de nouvelle technologie, inondant le marché de ses smartphones, ordinateurs et autres tablettes.

?En tant que plus grosse entreprise au monde et leader dans le secteur des technologies, Apple est le choix évident pour le Dow Jones Industrial Average, l’index le plus reconnu des marchés boursiers dans le monde”, a affirmé vendredi David Blitzer, président du Comité chargé de définir la composition du DJIA, géré par la firme Standard and Poor’s.

Il a justifié le choix de sortir AT&T du classement par le fait que le DJIA comportait trop de compagnies de télécommunication en son sein et que la capitalisation boursière d’AT&T était désormais inférieure à celle de son rival Verizon.

AT&T peut pourtant faire remonter ses origines à Alexander Graham Bell, l’inventeur du téléphone, et son nom date de 1885. Démantelée par les autorités anti-trust américaines en 1982, elle avait essaimé en de multiples compagnies régionales devenues depuis concurrentes.

– Google devancé –

Apple de son côté n’a cessé de grandir depuis sa création en 1976 par Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne. Ordinateurs au départ puis, après une passe difficile, les baladeurs iPod, le triomphe des smartphones iPhone, Apple s’est imposée comme la plus grande réussite du secteur des nouvelles technologies, comme en témoigne sa capitalisation boursière, qui atteint maintenant le double du géant du pétrole ExxonMobil.

L’annnonce de son arrivée au sein de l’indice vedette survient juste avant la présentation attendue le 9 mars d’un nouveau produit, qui devrait être l’Apple Watch, sa montre connectée qui sera commercialisée à partir d’avril et constituera son premier nouvel appareil depuis l’iPad en 2010.

Mais surtout Apple entre dans le Dow Jones avant son grand rival Google, deuxième capitalisation boursière mondiale avec “seulement” 389 milliards de dollars pour 361 milliards de dollars à ExxonMobil.

Apple et Google se livrent une concurrence acharnée depuis plusieurs années. Outre l’internet, tous deux travaillent sur des projets de voiture soit sans chauffeur (Google) soit électriques et connectées (Apple).

Le groupe à la pomme va aussi se lancer dans l’énergie en construisant des centrales solaires pour fournir l’alimentation nécessaire au fonctionnement de ses centres de serveurs géants qui alimentent le “cloud” en stockant des quantités énormes de données.

Apple va rejoindre au sein du DJIA des valeurs technologiques confirmées comme Microsoft, IBM, Intel et Cisco. Le secteur technologique y pèse 19,17%, devancé seulement par l’industrie (19,48%) mais devant la finance (15,61%), les produits de consommation (14,82%), la pharmacie (10,97%) et l’énergie (6,78%).

Mais cette “consécration” pourrait aussi nuire à Apple, selon l’analyste Trip Chowdry de GlobalEquitiesResearch. “L’entrée au sein du Dow est une très mauvaise nouvelle pour Apple. Les dirigeants d’Apple devraient refuser de joindre le Dow. Cela lui enlève son prestige et en fait une pomme pourrie”, ironise-t-il en faisant allusion au logo d’Apple qui représente une pomme.

“Les entreprises présentes dans le Dow sont historiquement ennuyeuses, ne sont pas innovantes, sont passives et deviennent chaque jour de plus en plus dépassées, ce qui est tout ce qu’Apple n’est pas”, lance-t-il.