Loi Macron : Manuel Valls accroît la pression sur les députés PS avant le vote

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ée nationale sur la loi Macron le 14 février 2015 (Photo : Alain Jocard)

[16/02/2015 13:28:02] Paris (AFP) Manuel Valls a accru la pression sur les députés socialistes à la veille du vote de la loi Macron à l’Assemblée et a adressé un appel ferme à la “responsabilité” à ceux qui, comme l’ex-ministre Benoît Hamon, veulent voter contre ce texte emblématique.

“Quand on est parlementaire de la majorité, député socialiste, on s’abstiendrait ? On voterait contre ce texte ? Non. Moi j’en appelle à la responsabilité de chacun”, s’est agacé lundi le Premier ministre sur RTL.

“L’exigence des Français”, a-t-il ajouté, “c’est que nous nous comportions autrement, pas comme avant, avec nos petites divisions, nos petites querelles, nos préparations de congrès”.

“Tout ça est balayé par les évènements que nous connaissons”, a insisté Manuel Valls en allusion aux attentats de janvier.

Ces propos particulièrement fermes passent mal chez Benoît Hamon et ceux qui, à l’aile gauche du PS, ont toujours été extrêmement réticents à l’égard du texte défendu par le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron.

Hamon s’exaspère de voir que le Premier ministre a établi un “lien avec le 11 janvier” et la loi Macron, qui fera l’objet d’un vote global mardi à l’Assemblée nationale.

Cela “me paraît une initiative très hasardeuse du Premier ministre. Tout le monde a le droit de se tromper et, ce matin, il s’est trompé, c’est une faute”, a dit l’ancien ministre de l’Education à l’AFP.

Selon lui, “la responsabilité, c’est l’unité des Républicains autour des valeurs de la République après le 11 janvier et là-dessus, ni moi ni quiconque ne manquons à l’appel”.

– Combien de socialistes manqueront à l’appel ? –

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ée nationale le 13 février 2015 (Photo : Stephane de Sakutin)

Dans un message adressé lundi aux députés socialistes, Benoît Hamon s’est de nouveau expliqué sur sa décision de voter contre le projet de loi. Il a déploré l’absence d'”esprit de compromis” et “l’intransigeance” du gouvernement sur le principe d’une compensation minimum pour le travail du dimanche. L’extension du travail du dimanche a été l’un des points les plus vivement contestés dans les rangs socialistes.

Cette affaire de compensation a “fait pencher la balance” vers le vote contre, argue l’ancien ministre, qui se serait “abstenu si la mesure de compensation avait été forte”.

La loi Macron est un texte “positif pour les salariés”, un texte “important pour notre économie”, “qui soutient l’activité et qui en même temps protège”, plaide au contraire Manuel Valls, qui doit encore s’exprimer mardi matin devant le groupe des députés socialistes, à quelques heures du vote.

“Je pense que c’est un bon compromis, que l’on doit le voter”, juge aussi le premier secrétaire du PS et député de Paris, Jean-Christophe Cambadélis, tout en souhaitant une “clause de revoyure” pour l’emploi dans les zones touristiques internationales.

Les députés Laurent Baumel et Christian Paul, deux “frondeurs” ont eux aussi annoncé qu’ils voteraient contre.

“On voit bien que la pression va s’intensifier. On va avoir une hyper-dramatisation classique à la réunion de groupe et des snipers vont sortir toute la journée d’aujourd’hui et de demain pour mettre en garde…”, prévoit Laurent Baumel.

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ée nationale le 13 février 2015 (Photo : Stéphane de Sakutin)

“Il faut que le Premier ministre évite un raidissement à l’égard de sa majorité. Il y a toujours des espaces de dialogue, encore faut-il le vouloir”, espère Christian Paul.

Ils se veulent prudents sur les résultats du vote. “Plusieurs dizaines” de députés socialistes ne voteront pas le texte, soit parce qu’ils s’abstiendront, soit parce qu’ils voteront contre ou encore parce qu’ils ne participeront pas au vote, prévoit Hamon.

“Ca va bien se passer”, balaie Carlos da Silva, porte-parole du PS et député de l’Essonne. “Le texte sera adopté demain. Les déclarations intempestives des uns et des autres qui ont davantage de liens avec le congrès du PS (en juin à Poitiers) qu’avec la vie du Parlement et la vie de nos concitoyens doivent cesser”.