Italie : S&P s’inquiète de la faible croissance, abaisse sa note à “BBB-“

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La place de Venise, au centre de Rome, le 28 octobre 2014 (Photo : Gabriel Bouys)

[05/12/2014 19:44:20] Paris (AFP) L’agence d’évaluation financière Standard & Poor’s, s’inquiétant de la faiblesse de la croissance et de l’augmentation de l’endettement de l’Italie, a abaissé vendredi d’un cran la note du pays, pour la ramener à “BBB-“.

Cette note est la plus faible de la catégorie “investissement”, réservée aux emprunteurs considérés comme fiables.

Mais l’Italie ne risque pas de tomber en catégorie spéculative à court ou moyen terme dans la mesure où la perspective de sa note reste “stable”.

La dégradation de la note italienne “reflète la faiblesse récurrente des performances du produit intérieur brut (du pays), tant en termes réels que nominaux (…) qui sapent sa capacité à faire face à sa dette publique”, a souligné S&P dans un communiqué.

L’agence américaine estime que la dette publique italienne devrait atteindre 2.256 milliards d’euros à la fin 2017, ce qui traduit une augmentation de 80 milliards par rapport à sa dernière estimation de juin.

Pour S&P, une telle augmentation du montant de la dette nationale, “conjuguée à une croissance régulièrement faible et une compétitivité érodée”, ne permettait plus de maintenir la note “BBB” du pays.

Même si ce n’est pas pour l’heure l’hypothèse la plus plausible, S&P n’exclut pas de reléguer la troisième économie de la zone euro parmi les emprunteurs à risque, si le gouvernement de Rome devait échouer à faire passer des mesures de réforme, notamment destinées à débloquer les marchés du travail, des services et des marchandises.

L’agence estime que le gouvernement “a effectué des progrès avec le Jobs Act”, la réforme du marché du travail voulue par le chef du gouvernement Matteo Renzi, mais s’inquiète “des risques” que court cette réforme lors du vote au Parlement des décrets d’application.

Le “Jobs Act” est destiné à favoriser l’emploi dans un pays où le taux de chômage des jeunes dépasse les 44%.

La nouvelle loi prévoit des incitations fiscales pour les entreprises embauchant à durée indéterminée, afin de limiter les recours aux contrats temporaires.

Le chômage a atteint un niveau record en octobre en Italie avec 13,2% de la population active sans emploi.

Outre un chômage record l’Italie se débat aussi avec une économie dans le rouge, son PIB ayant baissé de 0,1% au troisième trimestre 2014 par rapport au précédent. Il s’agissait du treizième trimestre consécutif sans croissance pour l’Italie, dont le PIB se voit revenu à ses niveaux de l’année 2000.

“L’Italie va à pic. Il n’y a aucun signe de reprise, les recettes du gouvernement ne donnent aucun résultat. Nous valons un misérable BBB- maintenant”, a commenté l’économiste Renato Brunetta, chef des députés de Fprza Italia (FI), le parti de Silvio Berlusconi.

S&P est la plus sévère des trois grandes agences de notation, dans la mesure où l’Italie est notée “Baa2” (soit un cran de plus) par Moody’s Investors Service et “BBB+” (soit deux crans de plus) par Fitch Ratings.