Le futur PDG d’EDF dévoile sa feuille de route

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ée le 25 novembre 2014 (Photo : Kenzo Tribouillard)

[25/11/2014 20:46:59] Paris (AFP) Le futur PDG d’EDF a plaidé mardi pour une hausse plus importante des tarifs réglementés de l’électricité sous peine de pénaliser économiquement le groupe, en détaillant sa feuille de route dans laquelle la transition énergétique aura une place centrale via le développement des services énergétiques.

“A mes yeux, un rééquilibrage tarifaire s’impose”, a déclaré Jean-Bernard Lévy, auditionné par les commissions des Affaires économiques du Sénat et de l’Assemblée qui ont approuvé sa nomination à une écrasante majorité.

“Le premier enjeu, c’est d’assainir, d’améliorer la situation économique du groupe EDF. Nous constatons aujourd’hui des retards préoccupants sur les trajectoires réelles des tarifs par rapport aux trajectoires qui avaient pourtant été convenues avec l’Etat”, a précisé celui qui assure depuis dimanche l’intérim à la tête du géant électrique en remplacement d’Henri Proglio.

Sa nomination officielle interviendra mercredi en conseil des ministres, avant la publication d’un décret présidentiel.

Ces retards concernent à la fois les tarifs de détail et les tarifs de gros, a relevé M. Lévy. “Ces écarts conduisent EDF à augmenter sans cesse sa dette”, à laquelle le groupe recourt pour payer chaque année le dividende des actionnaires, dont l’Etat à hauteur de 84,5%.

– Situation difficile –

Les tarifs réglementés de l’électricité pour les particuliers ont augmenté de 2,5% le 1er novembre, conséquence notamment de l’application d’une nouvelle formule de calcul, après le gel par le gouvernement d’une hausse de 5% initialement prévue en août afin de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs.

L’exécutif avait aussi annoncé début novembre le report de six mois, au 1er juillet 2015, de la réévaluation du prix de l’Arenh, un dispositif qui oblige EDF à revendre à ses concurrents jusqu’à un quart de l’électricité produite par son parc nucléaire français.

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ée le 25 novembre 2014 (Photo : Kenzo Tribouillard)

“Il y a bien sûr de la part de tout gouvernement (…) des réticences à augmenter les tarifs même si les calculs en montrent la nécessité”, a constaté M. Lévy, jusqu’ici aux commandes du groupe d’électronique et de défense Thales.

Mais “la situation pour EDF est difficile. S’il n’y a pas des augmentations de tarifs qui permettent d’engager les investissements qui sont nécessaires, nous aurons à faire des choix”, a-t-il prévenu, insistant sur “l’indispensable remontée des tarifs”.

“Je crois que c’est seulement sous cette condition d’un rééquilibrage de son compte d’exploitation en France, qu’EDF pourra rester l’un des tout premiers énergéticiens mondiaux. Je reconnais que c’est un objectif difficile mais il me semble que c’est un objectif primordial”, a-t-il ajouté.

– ‘Coopération sincère’ avec Areva –

EDF poursuivra par ailleurs son développement dans le cadre de la transition énergétique en se renforçant dans les énergies renouvelables et dans les services énergétiques, via sa filiale Dalkia, un secteur dont la croissance annuelle moyenne est estimée de 5 à 10% en Europe.

“La transition énergétique, c’est une opportunité essentielle pour EDF”, a expliqué M. Lévy.

“La transition énergétique, tout comme la transition numérique qui impacte directement nos activités et nos métiers, est une opportunité enthousiasmante pour innover, pour développer de nouveaux savoir-faire, de nouveaux produits, de nouveaux services”, a-t-il souligné.

En matière nucléaire, le dirigeant a souhaité qu'”une période de coopération sincère” s’amorce avec Areva, dont le président pressenti, Philippe Varin, vient d’être nommé administrateur d’EDF.

“Il s’agit de symboliser le fait qu’on tourne la page sur une période d’hostilité entre deux grandes entreprises françaises. (…) Nous avons à résoudre des problèmes difficiles, nous devons les résoudre ensemble”, a insisté M. Lévy, qui souhaite “améliorer l’efficacité du partenariat” avec son principal fournisseur.

Un des défis consistera à optimiser le coût des futurs réacteurs de nouvelle génération EPR, dont le prototype en construction à Flamanville (Manche) accumule les retards. Sa mise en service a été reportée à 2017, ce qui devrait entraîner de nouveaux surcoûts par rapport au montant de 8,5 milliards d’euros déjà revu en hausse.

“Je serais surpris que j’aie des bonnes nouvelles à vous annoncer sur ce sujet-là”, a dit Jean-Bernard Lévy.

A l’international, il entend “concentrer les efforts d’EDF sur quelques pays stratégiques”, dont la Chine, et “conforter” les positions du groupe en Europe.