Bulgarie : rejet d’un collectif budgétaire pour aider les banques

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à Sofia le 27 juin 2014 (Photo : Nikolay Doychinov)

[17/07/2014 14:02:56] Sofia (AFP) Le parlement bulgare a rejeté jeudi un collectif budgétaire (budget rectificatif) proposé par le gouvernement minoritaire de technocrates de Plamen Orecharski afin de résoudre la crise de liquidités des banques qui secoue le pays le plus pauvre de l’Union européenne.

“Le collectif n’a pas été soutenu” par les commissions parlementaires, a annoncé le ministre des Finances Petar Tchobanov.

Le gouvernement de Plamen Orecharski, qui doit démissionner mercredi prochain en accord avec les principaux partis du pays, avait proposé de laisser filer le déficit public à 2,7% du Produit intérieur brut (PIB) cette année, contre 1,8% initialement prévu, sur la suggestion de l’opposition conservatrice du Gerb et du chef de l’Etat Rossen Plevneliev.

Cette rectification s’imposait selon eux afin de venir en aide à la quatrième banque du pays, la Corporate Commercial Bank (CCB), au bord de la faillite. Des comptes de particuliers, mais aussi de nombreuses entreprises publiques et privées, d’hôpitaux et de municipalités s’y trouvent bloqués.

La banque centrale avait promis un déblocage des comptes le 21 juillet, mais son plan de sauvetage de l’établissement a été rejeté par les principaux partis politiques lors d’une réunion sous l’égide du chef de l’Etat.

Les partis exigent la démission du gouverneur de la banque centrale Ivan Iskrov qu’ils accusent d’avoir failli à sa mission de supervision de la banque. Ce dernier a déclaré dans la foulée que les comptes ne seraient pas accessibles avant l’automne prochain, renforçant le sentiment d’insécurité des épargnants.

Des publications alarmistes sur l’insolvabilité imminente de la CCB le 20 juin avaient provoqué une vague de panique, obligeant la banque à suspendre ses paiements.

“Le pays est dans l’impasse (…) La crise de confiance envers les autorités devient totale”, a déclaré le politologue Antoni Todorov au journal Troud de jeudi.

Et l’incertitude règne sur la suite des événements, le gouvernement n’ayant plus aucun pouvoir et aucune autorité et les partis se livrant à de féroces luttes d’influence.

Le président du parlement Mihail Mikov a annoncé jeudi “une fin prématurée” du parlement pour absence de quorum. Alors que les ultra-nationalistes d’Ataka boycottent les sessions, le Gerb de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov a déclaré que ses députés n’entreraient dans l’hémicycle que pour entériner la démission du parlement.

Le chef de l’Etat doit nommer le 6 août un gouvernement intérimaire, avant l’organisation d’élections législatives anticipées prévues le 5 octobre.