Le patron de PSA ne voit pas le bout du tunnel pour le marché européen

photo_1367510726473-1-1.jpg
ën, Philippe Varin, le 24 avril 2013 à Paris (Photo : Eric Piermont)

[02/05/2013 16:07:51] PARIS (AFP) PSA Peugeot Citroën doit se préparer à affronter un marché européen durablement déprimé, en améliorant désormais la compétitivité de ses usines françaises, après avoir redéfini sa gamme et poussé les feux à l’international, a plaidé jeudi son patron, Philippe Varin.

“On ne voit pas de remontée brutale (des ventes en Europe) à l’horizon 2014-2015”, a-t-il déclaré dans un entretien à l’AFP.

“Le marché ne s’améliore pas”, a insisté M. Varin. La baisse du marché automobile européen devrait atteindre 5% cette année et “on va être à -8% en France”, a souligné le numéro un de PSA, reconduit en mars pour quatre ans.

Le premier constructeur automobile français a déjà lancé une vaste restructuration de ses activités dans l’Hexagone pour s’adapter à la baisse du marchés européen. Elle va se solder par plus de 11.200 suppressions de postes entre mi-2012 et mi-2014 et la fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois, en région parisienne.

Elle s’inscrit dans un programme plus large, nommé “rebond 2015”, qui doit lui permettre d’économiser 1,5 milliard d’euros, alors qu’il a essuyé l’an dernier une perte nette historique de 5 milliards.

Présentée en juillet dernier, cette réorganisation a reçu lundi l’aval, donné à titre consultatif, des représentants du personnel. “On a clairement franchi une étape avec le comité central d’entreprise du début de semaine et nous entrons dans la phase de réalisation du plan” qui va s’étaler jusqu’à l’année prochaine, a souligné M. Varin.

PSA va à présent lancer des négociations pour améliorer la compétitivité de ses usines françaises, à l’image de ce qu’a fait son concurrent Renault. Sa direction a déjà commencé à prendre la température auprès des organisations syndicales et le constructeur espère les boucler à l’automne.

“Cette nouvelle phase doit conduire à des gains supplémentaires”, a souligné M. Varin, pour qui “il faut que les solutions que nous allons élaborer aient la flexibilité nécessaire à la hausse et la baisse”.

Le groupe pourrait aussi s’inspirer de l’accord déjà conclu dans son site de Sevelnord (Nord), qui porte sur une une gestion plus flexible des RTT et du temps de travail des salariés.

PSA s’en tient pour autant à son objectif, présenté en juillet dernier, de diviser par deux le rythme de sa consommation de liquidités cette année et un retour à l’équilibre de sa trésorerie opérationnelle fin 2014, même si les perspectives d’évolution du marché européen se sont dégradées depuis.

L’une des priorités de M. Varin pour son nouveau mandat et que les activités en Europe soient de nouveau rentables “mais ça prend du temps”, a-t-il reconnu.

Philippe Varin, arrivé à la tête du constructeur en 2009, table aussi sur la poursuite de l’internationalisation du groupe et le développement de l’alliance conclue l’an dernier avec le géant américain General Motors.

PSA compte réaliser la moitié de ses ventes hors d’Europe en 2015, rappelle son numéro un. Le constructeur avance bien en Chine, où il compte deux coentreprises et gagne de l’argent. “En Amérique latine et en Russie, nous devons encore nettement améliorer les choses”, a-t-il en revanche reconnu.

“On avoisine le point d’équilibre en Amérique latine” et “nous sommes en train d’explorer des opportunités avec General Motors” dans la région dans le segment des petites voitures.

“En Russie, nous démarrons”, avec le lancement l’été dernier de la production complète de véhicules dans l’usine de Kaluga détenue avec le japonais Mitsubishi. Dans ce pays aussi, M. Varin veut s’appuyer sur GM pour aller plus vite.

Les deux groupes ont présenté pour l’instant trois projets communs de véhicules, tournés essentiellement sur l’Europe, et lancé une centrale commune d’achats. Il n’est pas exclu qu’ils collaborent dans les utilitaires, “même si nous n’avons pas de projet particulier à l’heure actuelle”, a fait savoir M. Varin.

PSA avait dû geler un projet d’usine en Inde, faute d’argent. Mais “nous avons des projets au Vietnam, en Malaisie et au Kazakhstan que nous étudions et que nous sommes en train de lancer”. Ces projets “sont peu consommateurs en capital engagé” car il s’agit d’assemblage et non de fabrication de véhicules, “qui nous permettent de nous développer”.