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La Bourse de New York (Photo : Don Emmert)

[02/03/2013 09:21:08] NEW YORK (AFP) La Bourse de New York espère se hisser vers un nouveau record historique la semaine prochaine, mais reste sceptique sur ses chances de prolonger cet élan à plus long terme, gardant en ligne de mire l’amélioration de l’économie américaine et notamment des chiffres de l’emploi.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice des 30 valeurs vedettes de Wall Street, a avancé de 0,64%, à 14.089,66 points, son nouveau plus haut en clôture en plus de cinq ans.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a avancé de 0,25% à 3.169,74 points et l’indice élargi Standard & Poor’s 500 de 0,17%, à 1.518,20 points.

Le marché fait le point et “essaye de savoir où il en est après une semaine de montagnes russes”, a relevé Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management. Signant tour à tour cette semaine sa plus mauvaise séance de l’année et une série de rebonds l’amenant à des niveaux effleurant son sommet historique, la Bourse américaine a retrouvé des niveaux de volatilité cette semaine pas vus depuis fin décembre.

La route vers un nouveau zénith, au-delà de son record historique en clôture atteint le 9 octobre 2007, est encore semée d’embûches et “probablement de nombreux paliers”, a rappelé Gregori Volokhine, de Meeschaert New York.

Dans ce contexte, les séances à venir promettaient de rester agitées, “partagées entre deux forces opposées, un ensemble de très bonnes nouvelles et de vents contraires”, a poursuivi Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.

Si les chiffres économiques dont la résistance de la consommation, l’ISM manufacturier, les commandes de biens durables et les statistiques immobilières montrent une “activité économique en accélération”, selon les termes de Michael James, de Wedbush Securities, tout ne reste pas rose pour les analystes.

“J’ai plutôt tendance à parier sur une hausse mais je reste prudent car encore beaucoup de choses peuvent mal tourner”, a indiqué Greg Peterson, de Ballentine Partners.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a confirmé son intention de maintenir le cap ultra-accommodant de sa politique monétaire “certainement pendant encore un bout de temps” mais l’impact de la hausse des contributions sociales pour tous les salariés et des coupes budgétaires drastiques entrant en vigueur vendredi, “risque d’être non négligeable”, a résumé M. Blicksilver.

Au total, le resserrement budgétaire — d’environ 1.000 milliards de dollars sur 9 ans — va se traduire cette année par une réduction de 85 milliards de dollars, contraignant des milliers de fonctionnaires à prendre des congès sans soldes. Il pourrait provoquer une perte de 0,5 point de croissance aux Etats-Unis, selon les économistes.

“Cela veut dire moins de dépenses du gouvernement, moins d’emplois et des coupes directes ou indirectes” notamment dans les budgets des ménages, ce qui reste dans les esprits des investisseurs, selon M. Blicksilver.

Mais ces coupes vont “peu à peu perdre l’attention des courtiers qui vont se focaliser la semaine prochaine sur les chiffres de l’emploi” américain, a remarqué Chris Low, de FTN Financial.

“En janvier, le marché n’a pas voulu voir” le ralentissement des embauches et la hausse du chômage, à 7,9%, “ne se concentrant que sur la révision à la hausse des deux mois précédents”, mais il risque “de ne pas en être de même cette fois”, a averti l’économiste.

En cas de bonne nouvelle, Wall Street pourrait entamer ce grand saut tant attendu vers un record historique, “ce qui montrera un retour de la confiance des courtiers”, pour M. Low.

Mais, comme beaucoup, celui-ci ne se dit “pas surpris” si cette apothéose était suivie “assez rapidement d’une correction”.

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