EADS et BAE décident ce mardi s’ils poursuivent leur projet de fusion

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un drapeau britannique (Photo : Christof Stache)

[09/10/2012 16:48:51] PARIS (AFP) Un compromis mardi entre Paris et Londres pour limiter l’influence des Etats dans une fusion entre EADS et le britannique BAE Systems pourrait permettre aux deux groupes de demander un délai supplémentaire pour finaliser l’opération.

Un accord entre Etats reste encore suspendu à la position de l’Allemagne, qui peut bloquer l’opération, souligne-t-on de source proche des négociations.

Tom Enders et Ian King, les patrons des deux groupes, doivent décider dans la soirée avec leurs conseils d’administration respectifs s’ils demandent un délai au régulateur britannique du marché afin de finaliser leur rapprochement ou s’ils jettent l’éponge.

D’après des sources proches des négociations, les avancées seraient suffisantes pour demander une prolongation du délai.

“Nous avons appris que la France et la Grande-Bretagne avaient réalisé des progrès significatifs sur la question qui bloquait les négociations ces derniers jours”, a déclaré un porte-parole d’EADS.

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archives de Tom Enders (EADS) et Richard Olver (BAE)

“L’accord intervenu entre les deux pays limite à 18% la participation de la France et de l’Allemagne dans la structure combinée”, a déclaré une source proche du dossier à l’AFP. Mais l’Allemagne n’a pas encore fait connaître sa position, a souligné une autre source.

La France possède 15% du capital d’EADS et entend les conserver, ce qui lui donnera une participation de 9% dans la nouvelle structure. L’Allemagne a obtenu l’accord de ses partenaires pour monter elle aussi à 9% du capital.

La Grande-Bretagne ne veut pas entrer au capital et cherche à limiter le poids des Etats dans ce nouveau géant européen pour ne pas compromettre son accès au marché américain de la défense, le plus important au monde.

La France n’a pas voulu renoncer au droit d’acquérir à l’avenir davantage de parts, même si l’état de ses finances ne lui en donne pas les moyens. Si l’Allemagne exerce son droit à monter à 9% du capital, le plafond sera atteint, empêchant ainsi la France d’accroître sa participation.

“Les intérêts de la France et les intérêts de l’Europe”

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çais de la Défense Jean-Yves Le Drian, le 8 octobre 2012 à Orléans (Photo : Jean-Francois Monier)

Les deux groupes ont écarté les dernières informations de la presse allemande sur un échec du projet. “Nous ne commentons pas les spéculations et quand nous aurons quelque chose à annoncer, nous l’annoncerons au marché”, a déclaré un porte-parole de BAE.

La maison mère de l’avionneur Airbus et le premier industriel européen de la défense ont confirmé le 12 septembre qu’ils étaient en pourparlers pour former une structure qui dépasserait de loin l’américain Boeing.

Depuis, les deux groupes ont fait face au scepticisme des marchés, à l’inquiétude de leurs actionnaires et aux réserves des gouvernements qui doivent approuver le rapprochement.

La Grande-Bretagne dispose d’une action spécifique au capital de BAE Systems lui donnant un droit de veto sur les décisions stratégiques. La France et l’Allemagne exercent un contrôle sur EADS, grâce à un pacte d’actionnaires conclu à la création du groupe en 2000.

Londres se contente de l’action spécifique proposée aux trois capitales, qui leur permettra de s’assurer que l’entreprise reste européenne et d’empêcher toute prise de participation hostile.

“Nous avons la conscience d’avoir défendu, bien, complétement les intérêts de la France et les intérêts de l’Europe dans cette fusion compliquée”, a déclaré à l’Assemblée nationale le ministre français de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici.

Il a ajouté qu’il revenait à la direction des entreprises “de faire savoir où nous en sommes, elle le fera très prochainement”.

Le titre EADS a clôturé en baisse de 0,57% à la bourse de Paris mardi. Elle a perdu 12% depuis que le projet de fusion a été révélé par l’agence financière Bloomberg.