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ancienne Bourse de Paris (Photo : Joel Saget)

[04/08/2012 07:04:14] PARIS (AFP) La Bourse de Paris aborde dans l’incertitude un mois d’août qui s’annonce de nouveau à hauts risques, compte tenu de la lenteur des dirigeants européens et de la BCE à concrétiser leurs promesses de stabilisation de la zone euro.

Sur la semaine écoulée, le CAC 40 a pris 2,86% pour terminer, sur un fort rebond au lendemain d’une journée noire, à 3.2374,19 points vendredi. Il s’agit de son plus haut niveau depuis le 3 avril. Depuis le 1er janvier, l’indice vedette de la place parisienne affiche une progression de 6,78%.

“Ca passe ou ça casse”, résume-t-on dans les salles de marché, à l’issue de cette semaine mouvementée, marquée jeudi par la déception après l’absence de modifications des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique.

La Reserve Fédérale américaine a remis à plus tard toute nouvelle mesure d’assouplissement monétaire et la Banque centrale européenne s’est abstenue d’annoncer des actions immédiates pour apaiser les tensions sur le marché obligataire, remettant aussi à la rentrée des programmes d’achats d’actifs.

“En l’absence de prochains rendez-vous économiques, les marchés sont désormais livrés à eux-mêmes et aux (…) éventuels spéculateurs”, estime Christian Parisot, économiste chez Aurel.

“Il est difficile de prévoir. Le marché peut se calmer et attendre sagement la rentrée, ou quelques fonds anglo-saxons vont créer de l’animation et se livrer à des attaques, notamment contre l’Espagne, mais encore faut-il qu’ils trouvent de bonnes raisons”, ajoute-t-il.

De manière générale, on peut toutefois s’attendre à une phase de “digestion” de la part des intervenants. “Les opérateurs devraient analyser, prévoir et dans le doute s’abstenir de prendre des positions tranchées”, estime Jérôme Vinerier, analyste chez le courtier IG Market.

“Certes, le marché va continuer à être nerveux, volatil, mais il ne devrait pas sortir de la fourchette des 3.000-3.300 points dans laquelle il évolue depuis plusieurs mois”, ajoute-t-il.

Une chose est sûre, fait-on remarquer dans les salles de marché, même si le marché a fait grise mine après le discours du président de la BCE Mario Draghi, les intervenants sont désormais convaincus de la détermination de l’Europe à sauver la zone euro. “Et c’est déjà une grande avancée” souligne M. Vinerier.

Le maillon faible reste l’Espagne, élément central dictant l’évolution des marchés financiers. Soit les intervenants vont “tester” ce pays et faire monter la pression sur ses taux longs au-delà de 7,5% pour que Madrid, confronté à des taux insoutenables, demande une aide officielle à la zone euro, soit les investisseurs vont lui faire confiance et attendre les interventions des autorités monétaires européennes.

Pour M. Vinerier, “les propos de Draghi qui annoncent des interventions sur les marchés vont limiter les appétits des spéculateurs”.

Outre les politiques monétaires, les investisseurs vont également s’intéresser à la conjoncture mondiale et aux répercussions de la crise en Europe sur les entreprises.

Les entreprises américaines ont commencé à pâtir de la crise en Europe comme en témoigne les dernières publications et surtout les discours des dirigeants sur le troisième trimestre de l’année, souligne M. Parisot.

Après des semaines riches en résultats d’entreprises et en indicateurs économiques, le marché aura peu de choses à se mettre sous la dent sur les prochains jours. Seuls quelques indicateurs macroéconomiques américains vont être publiés (crédit à la consommation , productivité dans le secteur non agricole) et le flot de résultats d’entreprises va se tarir significativement.

Euronext (CAC 40)