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Logo de Credit Suisse (Photo : Fabrice Coffrini)

[18/07/2012 16:24:25] ZURICH (AFP) La deuxième banque helvétique Credit Suisse s’est pliée mercredi aux injonctions de la banque centrale en lançant une importante augmentation de capital, destinée à rendre l’établissement plus résistant face aux crises.

Credit Suisse, qui a été montrée du doigt en juin par la Banque nationale suisse (BNS) pour ses fonds propres jugés insuffisants, va procéder à une augmentation de capital d’un total de 15,3 milliards de francs suisses (12,73 milliards d’euros), a-t-elle précisé dans un communiqué.

L’établissement va procéder à une augmentation immédiate de 8,7 milliards de francs suisses et ajoutera 6,6 milliards d’ici la fin de l’année.

Ces mesures vont permettre à la banque de relever son niveau de fonds propres durs à 9,4% d’ici la fin de l’année, soit très proche des 10% exigés d’ici fin 2018 dans le cadre de la réglementation suisse, plus sévère que celle de Bâle III.

“La solidité des fonds propres est d’une importance primordiale pour le groupe”, a estimé le président Urs Rohner, cité dans le communiqué.

“Vu l’environnement actuel, nous avons décidé d’accélérer nos projets de capitalisation d’une manière permettant d’éliminer tous les doutes soulevés” par le rapport de la BNS, a-t-il ajouté.

La banque centrale helvétique a positivement accueilli la recapitalisation, estimant dans un communiqué que ces mesures rendaient Credit Suisse “capable d’absorber des pertes”.

“Ces mesures renforcent de manière substantielle la capacité de résistance de Credit Suisse”, a souligné l’institut d’émission.

L’annonce de la recapitalisation constitue un revirement, puisqu’en juin le conseil d’administration de Credit Suisse s’était encore déclaré satisfait de la situation des fonds propres.

La banque avait même estimé il y a un mois satisfaire “largement aujourd’hui aux exigences” des régulateurs.

Face à cette annonce, les résultats de Credit Suisse, initialement attendus pour la semaine prochaine, sont presque passés au second plan.

Le bénéfice net attribuable aux actionnaires a augmenté de 2,6% à 788 millions de francs suisses au deuxième trimestre, un résultat conforme aux attentes des analystes.

Ces résultats, qui devaient être initialement présentés le 26 juillet, constituent d’autant moins une surprise, que l’établissement avait affirmé fin juin qu’il sera bénéficiaire au deuxième trimestre.

Le groupe, qui a lancé l’année dernière un programme de réduction des coûts de 2 milliards de francs suisses, a par ailleurs relevé cet objectif de 1 milliard d’ici la fin 2013.

Début novembre 2011, l’établissement avait annoncé la suppression d’environ 1.500 postes, afin de faire face à des conditions de marchés difficiles, après avoir déjà divulgué en juillet une réduction de 2.000 emplois. Ces deux annonces portent le total des coupes dans les effectifs de la banque à 3.500 postes.

Le patron de Credit Suisse, Brady Dougan, n’a pas indiqué mercredi si les nouvelles mesures allaient se solder par des départs supplémentaires.

La banque se réserve également la possibilité de réduire le dividende pour cette année, a ajouté M. Dougan lors d’une conférence de presse téléphonique, cité par l’agence suisse ATS.

L’injection de capitaux, ainsi que les mesures supplémentaires de réduction des coûts, ont été positivement accueillies par les investisseurs.

A la Bourse suisse, l’action Credit Suisse a clôturé sur une hausse de 4,49% à 17,91 francs suisses, dans un marché en progression de 1,02%.

Vu la taille de l’injection de capitaux, “il était temps d’agir”, ont estimé les analystes de la banque Notenstein.

L’émission de 200 millions de nouvelles actions devrait avoir un effet dilutif de 15% sur la valeur du titre, ont ajouté les spécialistes de Vontobel.

Revenant sur les réductions supplémentaires de coûts, les analystes de Notenstein ont estimé que cette annonce était “positive”, mais démontrait “à quel point les banques font face à un environnement difficile”, marqué par la crise économique et le resserrement de la réglementation du secteur financier.