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ébergeait autrefois la Bourse de Paris, photographié le 23 septembre 2011 (Photo : Joel Saget)

[14/07/2012 08:21:32] PARIS (AFP) La Bourse de Paris a vécu une semaine terne (+0,37%), poursuivant la saison estivale avec appréhension alors que le ralentissement économique se propage aux pays émergents et risque de peser progressivement sur les perspectives des groupes cotés.

Au cours de la semaine écoulée, le CAC 40 a gagné 12,02 points pour terminer vendredi à 3.180,81 points. Il a gagné 0,66% depuis le 1er janvier.

Les inquiétudes sur l’avenir de la zone euro ne sont plus en première ligne, car les marchés sont relativement confiants quant à la volonté des dirigeants européens de sauver l’Europe et d’arriver à une solution.

Certes les retards pris dans le calendrier, notamment au niveau de la mise en place du Mécanisme européen de stabilité (MES) déplaisent, “mais de manière générale on a l’impression que l’Europe est sur les rails”, souligne Renaud Murail, gérant d’actions chez Barclays Bourse.

“Le sentiment du marché s’est redressé avec notamment un début de projet fédéral. L’espoir renaît pour le moyen terme”, renchérissent les analystes du Crédit Agricole.

En revanche, ce sont désormais les craintes sur un ralentissement économique des pays émergents qui prennent le relais et plombent le moral des investisseurs.

L’un après l’autre les pays considérés comme des moteurs de la croissance mondiale (Chine, Corée, Singapour, Brésil…) montrent des signes d’essoufflement, souligne M. Murail.

“La crise économique en Europe, la décélération aux Etats-Unis et maintenant le ralentissement dans les pays émergents vont incontestablement se traduire par des discours plus prudents des dirigeants de grands groupes”, prévoit-il.

Dans ce contexte, le marché action parisien comme ceux des autres pays matures sont en berne et les perspectives sont peu favorables.

cercle vicieux

Même constatation pour Jean-Louis Mourier, économiste chez le courtier Aurel qui s’attend aussi à des lendemains difficiles pour les marchés actions.

Les difficultés des économies européennes, les contraintes budgétaires imposées aux pays du sud de l’Europe, alimentent la récession et créent un cercle vicieux dont les entreprises risquent d’être peu à peu victimes, souligne-t-il.

Pour preuve depuis environ un mois les plans sociaux, les avertissements sur résultats et les discours plus prudents des dirigeants d’entreprises sur les perspectives de la fin de l’année et 2013 se multiplient, notent les analystes dans les salles de marché.

Et de citer le dernier exemple en date, celui de PSA Peugeot Citroën qui a annoncé la suppression de 8.000 postes sans pour autant rassurer les investisseurs. Au contraire le cours de Bourse a lourdement chuté dans le sillage de cette annonce, mettant en exergue les difficultés du secteur et ses perspectives financières toujours très moroses.

“Le court terme reste très problématique. Un rebond généralisé d’ici septembre est tout sauf évident”, résume le Crédit Agricole qui ajoute que la perspective de l’élection présidentielle américaine va accentuer l’incertitude sur les marchés.

Seul élément de réconfort dans ce paysage maussade, le faible cours des matières premières qui réduit mécaniquement les risques de récession, relève Marc Touati économiste chez Acdefi.

Plusieurs indicateurs sont attendus la semaine prochaine, censés donner une idée plus précise de la situation aux Etats-Unis avec les chiffres sur les ventes de détail en juin, la production industrielle et les indicateurs avancés du Conference Board.

En Europe, les investisseurs s’intéresseront à la nouvelle réunion de l’Eurogroupe prévue le 20 juillet qui doit finaliser le plan de recapitalisation des banques espagnoles et d’autres mesures prises lors du sommet européen de la fin juin.

Euronext (CAC 40)