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| à Paris, ancien siège de la Bourse. (Photo : Patrick Kovarik) |
[09/06/2012 08:40:19] PARIS (AFP) Portée par un climat plus confiant, la Bourse de Paris a réussi à repasser au-dessus des 3.000 points cette semaine mais des jours difficiles se profilent, dominés par le sort des banques espagnoles et la manière dont les Européens vont gérer cette crise.
Durant la semaine écoulée, le marché a repris 3,43% et terminé à 3.051,69 points. Au total, depuis le début de l’année, l’indice parisien accuse un repli de 3,42%.
La cote parisienne, comme l’ensemble des indices européens, a une nouvelle fois navigué à vue cette semaine, portée par des espoirs de mise en place de mesures de soutien par les banques centrales mais toujours tétanisée par les risques d’une sortie de la Grèce de la zone euro ou par celle d’une faillite du réseau bancaire espagnol. Avec en toile de fond, les inquiétudes sur la croissance économique mondiale.
Toutes ces interrogations qui reviennent à intervalles réguliers empêchent les investisseurs de s’intéresser à la marche des affaires des entreprises car “ils sont avant tout déterminés par la politique européenne”, souligne le bureau d’études Pictet.
Cette constatation se vérifiera la semaine prochaine quand les Européens, une fois connus les besoins de recapitalisation du réseau bancaire espagnol, vont devoir faire preuve de cohésion pour lui venir en aide.
La première étape est attendue lundi avec le rapport du FMI, qui chiffrera, selon les médias, autour de 40 milliards d’euros les besoins des banques.
“Dans les salles de marché on est convaincu qu’une solution sera trouvée. En revanche les interrogations demeurent sur sa forme et les divergences entre pays membres, notamment celles provenant de l’Allemagne, vont créer des tensions et risquent de se répercuter sur les indices boursiers”, souligne Renaud Murail, gestionnaire de portefeuilles chez Barclays Bourse.
“La manière dont l’Europe va gérer le sauvetage de l’Espagne sera un test clé pour l’Europe”, résume Fabrice Cousté, directeur général chez CMC Market.
– Dans l’attente d’un projet européen solide –
“Il ne s’agit plus de proposer une solution à court terme mais de prévoir l’émergence d’un projet européen solide, sur 3, 5 ou 10 ans, qui permettra aux marchés financiers de gagner en certitudes et de sortir de l’ornière”, ajoute-t-il.
Car le maître mot sur les marchés actions est la confiance, or cette confiance est mise à mal depuis plus de 3 ans, depuis que la crise de la dette a éclaté et que l’Union européenne s’est révélée incapable de trouver des solutions à long terme capable de rassurer les opérateurs.
La solution concernant les banques espagnoles permettra-t-elle de créer cette cohésion et de rétablir la confiance ? Dans les salles de marché, on veut y croire et on note que les efforts semblent s’intensifier pour créer plus de cohérence en Europe, au niveau bancaire, budgétaire, fiscal…
“Un débat sérieux est en train de naître pour que l’Europe aille vers davantage de fédéralisme”, affirme Renaud Murail, “mais rien n’est encore concrètement en marche”.
Le sauvetage des banques espagnoles va éclipser tous les autres sujets. Quant à la Grèce, elle ne devrait pas faire l’actualité avant les élections du 17 juin.
Une période à hauts risques s’annonce à partir de mi-juin quand seront connus les résultats des élections en Grèce et quand les marchés vont commencer à vibrer au rythme des tractations politiques sur une sortie ou non de la Grèce de la zone euro.
Peu de statistiques significatives seront dévoilées au cours de la semaine prochaine. Les investisseurs s’intéresseront notamment à la production industrielle en avril dans la zone euro, à l’inflation en mai dans la zone euro et aux ventes de détail aux Etats-Unis pendant le mois de mai.



