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| à Madrid, le 11 mai 2012 (Photo : Jaime Reina) |
[06/06/2012 12:55:17] BRUXELLES (AFP) L’Espagne prendra une décision dans les quinze jours sur la recapitalisation de ses banques et par extension, sur un éventuel appel à l’aide internationale, a fait savoir mercredi le ministre espagnol des Finances Luis De Guindos, lors d’une déclaration au Parlement européen.
“Le gouvernement prendra les décisions sur la recapitalisation des banques dans les 15 jours”, a-t-il déclaré, en faisant référence au délai d’ici lequel Madrid devrait disposer des informations du Fonds monétaire international (FMI) et des rapports d’audit concernant les banques espagnoles.
“Le problème des banques espagnoles est délimité à certaines entités clairement identifiées par Madrid. A partir de cela, le gouvernement prendra les décisions qu’il devra prendre”, a-t-il affirmé lors d’une brève visite à Bruxelles, avant de s’envoler pour Paris.
En attendant, “il n’y a pas de (discussions) pour fournir une aide (aux banques espagnoles)”, a-t-il confié, en marge de son intervention au Parlement européen, selon des propos rapportés par l’agence Dow Jones Newswires.
L’Espagne a lancé mardi un appel à l’aide à l’Europe, lui demandant de la “soutenir” via un mécanisme pour recapitaliser ses banques, alors que la tension actuelle lui ferme l’accès aux marchés financiers et la place “dans une situation d’extrême difficulté”.
Une solution serait de demander une aide comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal l’ont fait par le passé mais Madrid s’y refuse, par crainte de se voir imposer un programme d’austérité par ses bailleurs de fonds, en plus des efforts à fournir pour réduire drastiquement son déficit public l’an prochain.
L’Allemagne pousse dans cette direction bien qu’elle s’en défende. Mais, d’autres partenaires européens comme la France et la Commission proposent eux de recapitaliser les banques espagnoles directement via les fonds de secours de la zone euro, le FESF ou le MES qui doit être lancé début juillet.
Or, pour que cela soit possible, il faudrait une décision à l’unanimité des 17, car les statuts de ces deux fonds ne le prévoient pas pour l’instant.
L’évaluation des besoins de l’Espagne pour redresser ses banques reste encore à déterminer. Le FMI rendra un rapport sur le sujet le 11 juin. Environ une semaine plus tard les cabinets de consultants Roland Berger et Oliver Wyman dévoileront leur propre audit.
Une deuxième étude, menée par quatre cabinets, Deloitte, KPMG, PwC et Ernst&Young, chiffrera les besoins du secteur, affaibli par son exposition au secteur immobilier et rendra ses résultats dans les prochains mois.
“Il y a une feuille de route bien définie pour le secteur financier en Europe”, a souligné mercredi M. De Guindos, rappelant qu’il n’y a “pas d’autre option que d’aller vers une plus grande intégration budgétaire, passant notamment par la création d’une une union bancaire”.
Une idée défendue par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.
“La réflexion (de la Commission européenne, ndlr) sur le besoin de centraliser la supervision bancaire, les fonds de garantie des dépôts et la création d’instruments pour capitaliser directement les banques européennes nous semble extraordinairement juste”, a indiqué samedi M. Rajoy. Pour voir le projet d’une union bancaire aboutir, l’Espagne est même prête à céder plus de “souveraineté, particulièrement dans le domaine budgétaire”, a-t-il avancé.



