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ébergeait la Bourse de Paris (Photo : Joel Saget)

[07/05/2012 06:55:26] PARIS (AFP) La Bourse de Paris devrait ouvrir en baisse lundi à l’instar des autres places mondiales, affectée par les résultats électoraux en Europe où l’incertitude sur le sort de la Grèce semble prendre le pas sur la victoire, anticipée, de François Hollande en France.

Une quarantaine de minutes avant l’ouverture de la séance, le contrat à terme sur le CAC 40 lâchait 2,30%.

Vendredi, lors de la dernière séance avant le second tour de la présidentielle, le marché parisien avait perdu 1,90% à 3.161,97 points.

La journée qui s’ouvre lundi s’annonce tout aussi mouvementée sur les marchés, en particulier à Paris, comme en témoigne le recul de l’euro et des Bourses asiatiques (autour de 2%) dans la nuit.

Les investisseurs craignent la période d’incertitudes qui s’ouvre en Europe. “Les traders luttent pour trouver la moindre bonne nouvelle, mais tombent sur une série d’incertitudes”, résume Chris Weston, analyste chez IG Markets.

La victoire de François Hollande, nouveau président de la République, est une inconnue parmi d’autres, mais pas la plus préoccupante, puisque les marchés l’avaient anticipée, compte tenu des multiples sondages le donnant gagnant, selon l’analyste.

Les mesures qui vont être prises par M. Hollande “restent encore floues, en particulier sur le front économique. De quoi aviver les inquiétudes sur l’avenir de la France et de la zone euro”, prévient toutefois Marc Touati, économiste chez Assya.

“Il ne sert à rien d’être trop inquiet du départ de Sarkozy et de l’arrivée de Hollande mais (…) nous ne découvrirons la réalité de la politique du nouveau président qu’après les élections législatives”, en juin, indique Erik Nielsen, économiste chez Unicredit, dans une note publiée dimanche en début d’après-midi.

Les investisseurs s’interrogent surtout, d’ici les premières mesures financières du nouveau gouvernement dans quelques semaines, sur la relation franco-allemande, pilier de la lutte contre la crise de la dette.

Berlin a tendu la main dès dimanche soir à M. Hollande. La chancelière allemande Angela Merkel l’a invité en Allemagne et son ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a promis de travailler à un pacte de croissance, l’une des principales revendications du nouveau président.

En dehors de la France, l’attention des marchés se porte surtout sur la Grèce où les partis opposés à un accroissement de l’austérité, de la gauche radicale aux néo-nazis, ont mis la main sur la moitié des sièges au parlement.

Le pays va avoir du mal à constituer un nouveau gouvernement cette semaine, ce qui alimentait les craintes sur la poursuite à terme de la mise en place des mesures d’austérité en Grèce, condition au soutien financier international.

“Les élections en Grèce pourraient entraîner le plus d’instabilité (…). Il ne semble pas y avoir de vainqueur clair, mais il y aura des appels à apaiser les réformes d’austérité”, souligne la National Australia Bank.

Les investisseurs devraient avoir les yeux rivés sur l’actualité européenne d’autant que l’agenda aux Etats-Unis, qui a traditionnellement beaucoup de poids sur les marchés en Europe, était dépourvu de rendez-vous majeurs lundi.