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La Bourse de Paris le 23 septembre 2011 (Photo : Joel Saget)

[10/03/2012 09:46:00] PARIS (AFP) Largement débarrassée de l’encombrant dossier grec, la Bourse de Paris devrait pouvoir reprendre son souffle la semaine prochaine, mais le répit risque d’être de courte durée tant les incertitudes qui planent sur l’économie mondiale restent nombreuses.

Sur la semaine écoulée, le CAC 40, l’indice vedette parisien, a cédé 0,39% pour terminer vendredi à 3.487,48 points. Depuis le 1er janvier, ses gains s’élèvent encore à 10,37%.

A l’exception d’un trou d’air mardi quand la cote a brutalement chuté de 3,58%, le début de semaine a été plutôt calme. Les événements se sont par la suite accélérés avec la réunion mensuelle de la Banque centrale européenne et surtout l’acceptation par les créanciers privés du plan de réduction de la dette grecque qui sauve ce pays de la faillite, du moins à court terme.

L’indice parisien a peu évolué mais “il y a eu incontestablement un regain de nervosité comme l’illustre le plongeon inexpliqué de mardi, ce qui laisse supposer que le marché va continuer à être volatil et à naviguer à vue”, a expliqué Nicolas Just, responsable de la gestion actions chez Natixis Asset Management.

Car même débarrassés du dossier grec, les investisseurs continuent à s’interroger: la récession est confirmée en zone euro, les statistiques américaines sont mitigées et plutôt moins bonnes qu’auparavant, le prix du pétrole continue à progresser, la croissance dans les pays émergents ralentit et la crise de la dette en zone euro reste toujours d’actualité, certains analystes se préoccupant en particulier du sort du Portugal.

Ces inquiétudes ont été quelque peu éclipsées par l’actualité immédiate sur la Grèce. Elles ont aussi été masquées par l’important flux de liquidités déversé par la BCE depuis décembre. Au total 1.000 milliards d’euros sont venus alimenter le circuit financier européen, permettant de calmer le jeu sur le marché obligataire et d’éloigner les risques de “crédit crunch” (contraction brutale de l’offre de crédits aux entreprises).

Claire Chaves d’Oliveira, responsable de la gestion actions chez Groupama Asset Management, souligne que la hausse des marchés qui a suivi ces opérations de prêts, “peut être qualifiée d’artificielle puisqu’elle est davantage liée à un afflux de liquidités qu’à une amélioration des résultats ou des fondamentaux de l’économie”.

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à Paris le 12 septembre 2011 (Photo : Eric Piermont)

“Maintenant, retour à la vérité et à l’analyse des fondamentaux”, souligne Renaud Murail, gérant de portefeuilles chez Barclays Bourse.

A cet égard, les prochains indicateurs américains seront particulièrement surveillés, notamment ceux venant des Etats-Unis qui ont ces derniers jours envoyé des signaux contradictoires. Les marchés prendront successivement connaissance des ventes de détail, de l’inflation et de la production industrielle outre-atlantique sur le mois de février.

La récente envolée des prix du pétrole va également revenir au centre des préoccupations. Un cours de l’or noir élevé pèse sur la croissance en réduisant le pouvoir d’achat des ménages, en limitant les marges de rentabilité des entreprises et en accentuant la tendance au ralentissement dans les pays émergents.

“Des risques énormes pour les entreprises qui, s’ils se confirment, vont freiner la croissance du CAC 40”, souligne M. Murail.

Pour M. Just, “les investisseurs ont pris depuis plusieurs semaines l’habitude de gérer leurs portefeuilles sur le très court terme et devraient continuer à agir de la sorte tant que les grandes incertitudes ne seront pas levées. A ce titre, le premier semestre devrait continuer à être celui de tous les dangers pour la zone euro”.

La saison des publications s’est achevée avec 73 milliards d’euros de bénéfices engrangés par les entreprises du CAC 40 contre 80 milliards en 2010. Un bilan considéré comme mitigé dans les salles de marché et qui relance les interrogations sur la rentabilité des entreprises et sur leur capacité de résistance face aux incertitudes économiques.