![]() |
| äuble, à Bruxelles, le 21 février 2012 (Photo : John Thys) |
[23/02/2012 16:58:09] BRUXELLES (AFP) Le sommet européen de la semaine prochaine s’annonce tendu, malgré l’accord tout frais concernant la Grèce, en raison du refus répété de l’Allemagne d’augmenter les moyens du fonds de secours de la zone euro ainsi que le réclament tous ses partenaires, le FMI et les Etats-Unis.
Cette question inscrite de longue date à l’ordre du jour de la réunion des dirigeants de l’Union européenne (UE) les 1er et 2 mars semblait en passe d’être résolue. Mais l’Allemagne, principal contributeur aux mécanismes de soutien au sein de la zone euro, refuse de lâcher du lest, même si elle a obtenu en contrepartie ce qu’elle voulait: un durcissement de la discipline budgétaire.
“La position du gouvernement allemand n’a pas changé: il ne voit pas de nécessité d’augmenter le volume du Mécanisme européen de stabilité (MES) pour le moment”, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement allemand, tranchant radicalement avec l’optimisme affiché la veille par le chef de l’Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
La chancelière Angela Merkel n’aurait pas le soutien de ses troupes pour un revirement sur la question. Les partis au gouvernement, les conservateurs (CDU/CSU) et les libéraux du FDP, ont prévu de soumettre lundi au vote du Bundestag (chambre basse du Parlement) une motion excluant toute augmentation de l’enveloppe du MES, a déclaré à l’AFP le député Joachim Spatz, porte-parole du groupe parlementaire FDP sur les questions européennes.
“Les signaux en provenance d’Italie et d’Espagne le montrent: la situation se stabilise, il n’y a aucune raison d’augmenter le volume” des mécanismes d’aide, a-t-il justifié.
La pression est pourtant considérable sur Berlin, plus que jamais isolé. Lors de son entretien téléphonique mardi avec Angela Merkel, le président américain Barack Obama “a exhorté la chancelière à faire quelque chose pour le fonds de secours”, confie un diplomate européen.
D’un point de vue pratique, l’idée serait de combiner la capacité de prêts du fonds de secours temporaire, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), avec celle du MES (500 milliards d’euros en théorie), de façon à obtenir une force de frappe de 750 milliards d’euros.
Pour l’instant, Berlin dit vouloir en rester à 500 milliards au total.
Les partisans d’un pare-feu aux ressources accrues estiment que cela permettrait d’empêcher une bonne fois pour toute la contagion de la crise de la dette à l’Italie et l’Espagne, mais également de convaincre le FMI de participer de manière significative au second plan d’aide à la Grèce.
La contribution actuellement envisagée par le FMI est de 13 milliards d’euros sur un plan qui comprend 130 milliards d’euros d’aide publique.
Or l’institution de Washington estime que c’est à la zone euro de faire le premier pas en se dotant d’abord d’un pare-feu convaincant.
De la sorte, des pays non-membres de l’Union monétaire seraient rassurés et pourraient également contribuer à l’augmentation des ressources du FMI et aider indirectement la zone euro. La directrice du FMI, Christine Lagarde, mène une campagne très intense sur le sujet.
“Les ressources du FMI ne peuvent pas être un substitut aux efforts supplémentaires de la zone euro pour soutenir sa devise”, ont d’ailleurs jugé jeudi les ministres des Finances britannique George Osborne et japonais Jun Azumi dans une tribune parue dans le Financial Times.
Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a estimé jeudi que “le renforcement du pare-feu financier de la zone euro faisait partie d’un ensemble avec le pacte budgétaire” qui renforce la discipline partout dans la zone euro, voulu à tout prix par l’Allemagne. Il sera signé la semaine prochaine.
Malgré son isolement, “on ne sait pas si la situation sera suffisamment mûre lors du sommet pour que l’Allemagne accepte un renforcement du pare-feu”, a admis jeudi un diplomate européen.
L’Allemagne doit déjà faire voter lundi le second plan de sauvetage de la Grèce, et si l’issue du vote ne fait pas de doute, beaucoup de députés approuveront l’aide de mauvaise grâce. “C’est la moins mauvaise des solutions”, dit ainsi M. Spatz.



