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à Bruxelles (Photo : Georges Gobet)

[14/02/2012 18:27:55] BRUXELLES (AFP) Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de reporter leur décision sur un nouveau plan de sauvetage financier pour la Grèce car le pays n’a pas encore rempli les conditions qui lui ont été fixées, a annoncé mardi soir leur chef de file, Jean-Claude Juncker.

“Il semble que de nouveaux travaux techniques doivent encore être réalisés entre la Grèce et la troïka” qui rassemble les principaux bailleurs de fond du pays “dans plusieurs domaines”, a-t-il dit.

“Dans ce contexte, j’ai décidé de convoquer les ministres à une conférence téléphonique demain” mercredi, en remplacement d’une réunion prévue à l’origine à Bruxelles, a-t-il ajouté dans un communiqué.

Les ministres des Finances de la zone euro se retrouveront finalement à Bruxelles lundi prochain pour faire le point lors d’une rencontre cette fois-ci prévue de longue date.

La réunion de mercredi soir devait servir à l’origine à débloquer un plan de soutien d’une ampleur sans précédent, totalisant 230 milliards d’euros, avec des nouveaux prêts de 130 milliards d’euros et un effacement partiel de la dette de la Grèce de 100 milliards d’euros. Sans cette aide, le pays risque de se retrouver en faillite dans les semaines qui viennent.

Avant de donner son accord à ce programme d’aide, la zone euro avait toutefois fixé la semaine passée plusieurs conditions à la Grèce, dont le vote par son parlement du programme d’austérité exigé par ses créanciers publics. Ce qui a été fait dimanche.

Reste encore à Athènes à trouver 325 millions d’euros d’économies supplémentaires dans son budget 2012 et pour les chefs des partis de la coalition au pouvoir à s’engager par écrit à mettre en oeuvre le plan de rigueur après les élections d’avril.

Sur ces points, une réunion préparatoire de hauts fonctionnaires de la zone euro mardi à Bruxelles a montré qu’il restait du travail à faire, a fait savoir M. Juncker.

“Je n’ai pas reçu les garanties par écrit des chefs de la coalition au pouvoir en Grèce concernant la mise en place du programme d’austérité”, a-t-il affirmé. Et il reste “un trou budgétaire de 325 millions d’euros à combler”, a-t-il ajouté.

En outre, il reste des problèmes à dissiper concernant l’analyse de la “soutenabilité de la dette”, a souligné M. Juncker. En clair, il n’est toujours pas certain que les trois éléments du plan de soutien à la Grèce – programme d’austérité, nouveaux prêts et effacement partiel de la dette – permettent de ramener comme prévu le niveau de la dette globale du pays à un niveau jugé soutenable, à savoir 120% du Produit intérieur brut en 2020 contre 160% aujourd’hui.

Le déblocage de l’aide à la Grèce n’a cessé d’être reporté depuis une dizaine de jours.