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Un homme passe devant la Bourse de New York, en septembre 2011 (Photo : Spencer Platt)

[04/02/2012 09:47:00] NEW YORK (AFP) La Bourse de New York, rendue euphorique par un nouveau recul du chômage, espère que la semaine prochaine confirmera que la reprise économique est en train de s’accélérer aux Etats-Unis.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones, indice des 30 valeurs vedettes de Wall Street, a gagné 1,59%, terminant vendredi à 12.862,23 points, son plus haut niveau depuis mai 2008, au pic de la crise financière.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a progressé de 3,16% à 2.905,66 points, renouant avec des niveaux records plus vus depuis fin 2000 et l’éclatement de la bulle Internet. L’indice élargi Standard & Poor’s 500 a pour sa part pris 2,17%, finissant à 1.344,90 points vendredi.

Cette progression a dissipé les craintes –alimentées notamment par des statistiques décevantes sur les revenus des ménages– d’essoufflement des marchés américains après un mois de janvier tonitruant.

Moins tournés vers l’Europe que fin 2011 et plus concentrés sur l’économie nationale, les investisseurs ont salué à l’unisson le nouveau repli du taux de chômage aux Etats-Unis qui est tombé en janvier à 8,3%, son niveau le plus bas en trois ans.

La poursuite de la baisse du chômage, ininterrompue depuis août, a surpris les analystes, dont la prévision médiane donnait le taux stable à 8,5%.

Pour Nigel Gault, chef économiste de IHS Global Insight, cela montre “une large accélération de la croissance des embauches.”

“Il y a plus de signes positifs qui montrent que la reprise pourrait être plus solide” que ne le pensaient les analystes jusqu’à présent, s’est félicité Lindsey Piegza, économiste chez FTN Financial.

“C’est une très bonne semaine”, a lancé Gregori Volokhine de Meeschaert Capital Market. “C’est encourageant de voir qu’il n’y a pas eu davantage de prises de profits”.

Moment clé de la semaine écoulée, le dépôt mercredi du dossier d’entrée en Bourse du champion des réseaux sociaux Facebook a donné un coup de fouet au marché. Le site aux 845 millions d’utilisateurs devrait ainsi réaliser la plus grosse introduction en Bourse jamais réalisée par la net-économie, chiffrée pour le moment à 5 milliards de dollars.

“Psychologiquement, ça va peut-être jouer un rôle très positif”, estime M. Volokhine, expliquant que jusqu’à présent, la reprise progressive de la croissance américaine manquait de “participation”.

“Un marché haussier dans lequel tout le monde ne participe pas n’est pas vraiment convaincant”, a souligné l’analyste.

Ainsi, “Facebook a de nouveau attiré l’attention du public sur le fait que l’on peut gagner de l’argent en Bourse”, remarque-t-il.

L’arrivée du réseau social à Wall Street “ajoute une prime” dans le marché, abonde Mme Piegza.

Les analystes se gardaient toutefois de faire preuve d’euphorie, par crainte de voir le marché retomber dans la volatilité des derniers mois.

“Au fur et à mesure que nous avancerons dans le mois de février, tous les relevés statistiques qui seraient moins bons qu’attendu seraient accueillis avec beaucoup de déception et de ventes”, a averti Mme Piegza.

Et à neuf mois de l’élection présidentielle américaine, Wall Street commençait à envisager une nette victoire de Barack Obama, qui lui a pourtant mené la vie dure, conspuant notamment “le tas de banquiers gras” de New York.

“Si ces chiffres sont confirmés sur deux ou trois mois, ça va changer complètement la donne de l’élection: il faut commencer à le réaliser (…) ça sera extrêmement difficile pour les républicains de battre Obama”, souligne M. Volokhine.

Peu d’éléments majeurs sont au programme de la semaine prochaine, d’autant que la saison des résultats touche à sa fin. Les investisseurs scruteront les inscriptions hebdomadaires aux prestations chômage jeudi, l’indice de confiance des consommateurs et le budget fédéral le lendemain.

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