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| érité à Rome, le 17 novembre 2011 (Photo : Andreas Solaro) |
[12/12/2011 09:38:46] MILAN (Italie) (AFP) Les principaux syndicats italiens ont appelé lundi à une grève unitaire de trois heures contre les mesures de rigueur et la réforme des retraites du gouvernement Monti qui procède à une nouvelle émission de dette dans un contexte toujours très délicat sur le marché.
Sur le pied de guerre, la CGIL, la CISL et l’UIL ont appelé leurs adhérents à cesser le travail durant trois heures dans le cadre de leur premier mouvement unitaire depuis six ans.
Des rassemblements sont prévus dans toute l’Italie et en particulier devant le Parlement à Rome où les leaders de ces organisations devraient prendre la parole à partir de 15H00 GMT.
“Nous sommes face à une situation d’une extrême gravité sur le plan social. Les travailleurs et les retraités sont les catégories à qui l’on fait payer le plus durement cette crise”, a dénoncé Susanna Camusso, la secrétaire générale de la CGIL, premier syndicat du pays.
Dimanche soir, le président du Conseil Mario Monti, qui a prévenu la semaine dernière que la seule alternative à son plan de rigueur était la faillite, a reçu les responsables de ces trois syndicats.
Tentant de les convaincre que son plan, adopté dimanche dernier, contenait des “éléments d’équité”, il leur a rappelé la “situation d’extrême urgence financière” dans laquelle se trouve l’Italie, qui croule sous une dette colossale représentant environ 120% de son PIB.
Une rencontre jugée “totalement insatisfaisante” par Luigi Angeletti de l’UIL. “Il faut plus d’équité”, a martelé de son côté Raffaele Bonanni de la CISL, exigeant l’ouverture d’une négociation.
Le principal casus belli pour les syndicats est la réforme des retraites, dossier brûlant auquel le gouvernement de l’ex-commissaire européen s’est attaqué frontalement.
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| à Rome, le 5 décembre 2011 (Photo : Vincenzo Pinto) |
Il a notamment décidé d’augmenter le nombre d’années de cotisations, d’accélérer l’augmentation de l’âge de départ des femmes et de geler l’indexation sur l’inflation des pensions supérieures à 960 euros.
Le plan anti-crise de Mario Monti, composé de mesures de réduction du déficit d’environ 20 milliards d’euros et de mesures de relance pour plus de 10 milliards, prévoit en outre des coupes dans les dépenses, une augmentation de la fiscalité sur l’immobilier et une nouvelle hausse de la TVA si nécessaire.
Au Parlement, les partis politiques, qui se sont ralliés en majorité à cette cure d’austérité comme à une sorte de mal nécessaire, tentent de l’amender notamment en relevant le seuil du gel de l’indexation des pensions.
Mais le chemin est étroit, le gouvernement excluant toute variation du montant global de son plan.
L’examen en séance plénière débutera mardi à la Chambre des députés en vue d’une adoption en première lecture d’ici quelques jours. Un vote de confiance apparaît très probable.
Alors que les syndicats protestent, le gouvernement Monti fera face par ailleurs, vers 10H00 GMT, à son premier test sur les marchés après l’adoption de son nouveau tour de vis budgétaire et l’accord trouvé vendredi au sommet de Bruxelles pour une plus grande discipline budgétaire en zone euro.
Une opération dans le cadre de laquelle le Trésor tentera de lever 7 milliards d’obligations à échéance un an.
Mais preuve que la situation reste très fragile, les taux italiens à dix ans, qui s’étaient fortement détendus et étaient sortis de la zone dangereuse en début de semaine dernière grâce à l’annonce des mesures du gouvernement et les espoirs suscités par le sommet européen, grimpaient à nouveau.
Tombés sous les 6% lundi dernier après avoir bondi largement au-dessus des 7% ces dernières semaines, ils s’inscrivaient vers 08H45 GMT autour de 6,5%.
Afin d’inciter les Italiens à acheter de la dette pour soutenir leur pays, les banques réitèrent l’initiative de “journée des Bons du Trésor”, qui avait rencontré un franc succès le 28 novembre, et ne feront donc pas payer de commissions lors de cette émission.




