photo_1321549630594-1-1.jpg
La Bourse de Milan (Photo : Olivier Morin)

[17/11/2011 17:08:35] PARIS (AFP) Les Bourses européennes ont clôturé en baisse jeudi, toujours affectées par une crainte de la contagion de la crise de la dette et la hausse des taux obligataires en Espagne et en France.

Après avoir reculé dès l’ouverture, toutes les places européennes ont continué à creuser leurs pertes tout au long de la journée. Paris a ainsi fini sur un repli de 1,78%, Londres de 1,56%, Francfort de 1,07%, Milan de 1,43% et Madrid de 0,40%

La crainte d’une propagation de la crise de la dette en zone euro ont pesé également en Asie où Hong Kong a perdu 0,76% et Shanghai 0,16%. Tokyo est néanmoins parvenue à terminer en petite hausse de 0,19%, grâce à un léger affaiblissement du yen qui a soutenu les exportations.

De son coté, La Bourse de New York évoluait en ordre dispersé vers 17h00 GMT, le pessimisme des investisseurs face à la crise européenne étant atténué par une amélioration du marché de l’emploi américain: le Dow Jones s’affichait pratiquement à l’équilibre (+0,2%) et le Nasdaq reculant de 0,60%.

“Les opérateurs sont déprimés par les évolutions de la crise de la dette souveraine dans la zone euro”, notaient jeudi les analystes de Saxo Banque.

“Malgré la nomination officielle de Mario Monti et la formation de son gouvernement (en Italie, ndlr), les taux obligataires européens ne cessent de grimper”, constatent-ils.

Pour Harley Salt, analyste chez IG Markets, il n’y a pour l’heure pas de solutions à la crise de la dette sur la table et “les taux des obligations devraient rester l’objet de toutes les attentions d’ici le week-end”.

Les taux d’emprunt de nombreux pays européens, y compris de ceux notés triple A, se sont fortement tendus ces derniers jours, creusant pour certains comme l’Espagne et la France un écart record avec l’Allemagne, le seul Etat jusqu’à présent préservé.

L’Espagne a emprunté 3,563 milliards d’euros à dix ans à 6,975%, alors qu’elle prévoyait de lever entre 3 et 4 milliards.

La France a, elle, émis pour 6,976 milliards d’euros d’obligations à 2 et 5 ans, comme prévu mais avec des taux en hausse.

Jeudi, l’écart entre le taux des obligations allemandes à 10 ans et françaises et espagnoles a atteint un nouveau record depuis la création de la zone euro.

“L’émission de la France est un peu meilleure que celle de l’Espagne. Pour les deux pays, les taux sont supérieurs aux précédents emprunts du même type mais on s’en doutait”, explique Dov Adjedj, vendeur d’actions chez le courtier Aurel BGC.

De son côté, les taux italiens à long terme évoluaient toujours légèrement au-dessus de 7% jeudi matin. Un niveau supérieur à 7% est considéré comme insoutenable sur la durée pour l’Italie, troisième économie de la zone euro.