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élos Vénizélos au parlement à Athènes le 16 novembre 2011 (Photo : Aris Messinis)

[17/11/2011 14:56:10] ATHENES (AFP) Des milliers de personnes défilaient jeudi à Athènes contre les mesures d’austérité préparées par le nouveau gouvernement grec de coalition de Lucas Papadémos, confronté à son premier test social après un confortable vote de confiance obtenu mercredi au parlement.

Les défilés, traditionnels chaque 17 novembre, commémorent le 38e anniversaire de la révolte estudiantine contre la junte des colonels en 1973.

Comme l’an dernier, les cortèges d’étudiants, de militants de gauche et d’anarchistes qui marchaient jeudi dans le centre d’Athènes protestaient avant tout contre les réformes d’austérité (hausses des taxes, baisses de salaires etc.) introduites par le gouvernement Papandréou sous la pression des créanciers étrangers de la Grèce.

“La junte ne s’est pas terminée en 1973, soulèvement contre le gouvernement UE-FMI !” pouvait-on lire dans le défilé sous la surveillance policière de quelque 7.000 policiers mobilisés dans les rues de la capitale grecque pour éviter des débordements.

Pasok Marita, 23, étudiante à l’Ecole Polytechnique, bastion du soulèvement de 1973, établissait un parallèle entre passé et présent: “le gouvernement actuel (de coalition, ndlr) n’est pas issu des élections. Qu’est ce que c’est sinon une junte ?”.

“Nous les ficherons tous dehors !”, promettait d’ailleurs une banderole.

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éance du parlement grec à Athènes le 16 novembre 2011 (Photo : Aris Messinis)

L’opposition parlementaire de gauche, le parti communiste (KKE) et la gauche radicale (Syriza), qui ont refusé de se joindre à la coalition gouvernementale, ont joint leurs troupes au cortège qui s’acheminait de l’Ecole polytechnique à l’ambassade américaine.

Il s’agit aussi de la première marche de ce type depuis le vote d’une loi réformant l’université l’été dernier, modifiant le droit d’asile qui interdisait jusqu’à présent à la police d’entrer dans des locaux universitaires.

Cette année, la manifestation revêt un aspect très politique, après l’entrée de l’extrême droite dans le gouvernement grec de coalition, pour la première fois depuis la chute de la dictature des colonels. “A bas le gouvernement fascisant”, proclamait ainsi la bannière d’un groupe de manifestants.

Un point de vue déjà exprimé mercredi soir par un député Pasok dissident qui a refusé de voter la confiance au gouvernement.

Elu du département de Xanthi en Thrace (nord-est) où vit la minorité musulmane de Grèce, Tsten Mantazi s’est déclaré contre la participation au gouvernement de transition du parti d’extrême droite Laos.

Le gouvernement grec formé vendredi sous la direction de l’ex-vice-président de la Banque centrale européenne Lucas Papademos est un gouvernement de transition comprenant une alliance historique socialistes-droite-extrême-droite qui va tenter de sauver le pays de la faillite et d’une possible sortie de la zone euro.

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érité à Athènes le 15 novembre 2011 (Photo : Aris Messinis)

Après un confortable vote de confiance de 255 voix sur 300, il a engagé dès mercredi soir des discussions avec les banques du monde entier pour mener à bien la gigantesque et délicate opération d’effacement volontaire de dette qui doit permettre de ramener l’endettement public de la Grèce à 120% de son PIB en 2020 au lieu de plus de 160% actuellement.

Vendredi, une nouvelle échéance attend le gouvernement avec la présentation au parlement du budget 2012 qui rappellera au pays l’ampleur des sacrifices à consentir.

Pour assurer le quotidien, et tant que la Grèce est exclue des marchés financiers à long terme pour se refinancer, le nouveau gouvernement discute aussi avec les créanciers du pays pour la mise en place du nouveau prêt de 100 milliards concédé lors du sommet de la zone euro du 27 octobre en échange de la poursuite de la cure d’austérité engagée en 2010.

Mais dans l’immédiat, il se heurte à un premier cactus, pour débloquer une tranche de prêt de 8 milliards d’euros attendue depuis août.

Les créanciers du pays qui ont perdu patience avec la classe politique grecque exigent de chaque parti politique membre de la coalition gouvernementale qu’il s’engage par écrit à respecter le programme d’austérité. Ce que rechigne à faire le leader de la Nouvelle Démocratie (droite) Antonis Samaras, peu désireux d’associer son nom aux politiques d’austérité telles qu’elles ont été déclinées par le précédent gouvernement socialiste.