éou, le 27 septembre 2011 à Berlin (Photo : John Macdougall) |
[27/09/2011 15:57:54] BERLIN (AFP) L’Allemagne a vertement répliqué mardi aux critiques américaines sur la gestion de la crise financière en zone euro, au moment où le premier ministre grec tentait de rassurer à Berlin sur les efforts de son pays.
“Contrairement à ce que pense (le président américain Barack) Obama, les problèmes de l’Europe ne sont pas la cause des problèmes des Etats-Unis”, a asséné le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.
La veille, M. Obama avait jugé que les décisions des Européens n’avaient “pas été aussi rapides qu’elles auraient dû” pour juguler une crise qui “fait peur au monde”.
Ce commentaire, qui illustre la dimension mondiale de la crise grecque, a été très mal pris par l’Allemagne, premier contributeur aux plans d’aide européens.
“Il est toujours beaucoup plus facile de donner des conseils aux autres que de prendre des décisions vous concernant directement. Je peux aussi donner des conseils au gouvernement américain”, a lancé M. Schäuble, visiblement agacé.
Plus diplomate, la Commission européenne a salué la contribution “constructive” des Américains au débat sur la dette, tout en relevant que l’Union européenne et les Etats-Unis “ne sont pas forcément d’accord sur tout”.
éou le 27 septembre 2011 à Berlin (Photo : John Macdougall) |
Un peu plus tôt la chancelière Angela Merkel avait opposé une fin de non-recevoir à une suggestion récurrente des Etats-Unis: un plan de relance pour l’Europe.
“Nous ne voulons pas de nouveaux plans de relance”, a-t-elle dit, jugeant que c’était “une mauvaise idée de combattre des dettes par de nouvelles dettes”.
Mme Merkel a au contraire loué les efforts de discipline budgétaire de la Grèce, qui suscitent son “absolu respect”. Et répété son appel à prendre les problèmes de la zone euro “à la racine”, c’est-à-dire en combattant avec force les dérives des finances publiques.
La chancelière doit encore s’entretenir en soirée avec le Premier ministre grec, Georges Papandréou, qui devant un parterre d’industriels allemands a mis en avant mardi à Berlin l’effort “surhumain” de son pays et promis des résultats.
“Yes we can!” a lancé M. Papandréou, dans un clin d’oeil au slogan de la campagne présidentielle de M. Obama, alors que les chefs de mission des bailleurs de fonds de la Grèce vont faire leur retour à Athènes mercredi ou jeudi.
De leur verdict sur les réformes dépendra la poursuite des versements d’aide internationale à la Grèce.
Berlin s’est aussi employé à faire taire des rumeurs insistantes sur une augmentation spectaculaire des moyens d’aide aux pays en difficulté. Ces rumeurs risquaient de compliquer le vote des députés allemands jeudi sur un renforcement des compétences du fonds de secours européen (FESF), décidé en juillet dernier.
ère allemande Angela Merkel le 27 septembre 2011 à Berlin (Photo : John Macdougall) |
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a qualifié d'”idée stupide” l’hypothèse d’un renflouement du fonds de secours de la zone euro, estimant que cela “n’a pas de sens”.
La ministre espagnole de l’Economie, Elena Salgado, a rejeté à son tour les spéculations sur un gonflement de l’enveloppe du fonds à 2.000 milliards d’euros, une hypothèse “pas sur la table”, a-t-elle dit.
Le Bundestag devrait adopter à une très large majorité jeudi le projet de loi augmentant le rayon d’action du FESF.
Le monde entier comptera les défections attendues dans le camp de la majorité gouvernementale de Mme Merkel, mais celles-ci devraient rester contenues malgré les tensions des dernières semaines au sein de la coalition.
Le feu vert de Berlin, principal contributeur au fonds de soutien, devrait donner une impulsion décisive à la mise en oeuvre du mécanisme qui a besoin de l’aval des 17 membres de la zone euro.
Le président allemand, Christian Wulff, en a ainsi appelé mardi à la “solidarité” de la Slovaquie, qui se fait encore prier, dans ce processus de ratification.