Des fêtes de fin d’année contrastées pour les commerçants

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ère et ses enfants dans un magasin de jouets (Photo : Denis Charlet)

[06/01/2011 14:18:59] PARIS (AFP) Les fêtes de fin d’année ne resteront pas dans les annales pour les commerçants les plus touchés par les intempéries de Noël, comme l’habillement ou la restauration, même si la semaine du Nouvel An a permis à certains secteurs de se rattraper, selon les premières indications.

“Les fêtes ne se sont plutôt pas trop mal passées. On a une petite progression de notre chiffre d’affaires par rapport à l’an dernier mais la tendance globale n’est pas à l’euphorie”, déclare à l’AFP Thierry Desouches, porte-parole de Systeme U, enseigne spécialiste de l’alimentaire.

“L’année 2010 restera comme une année assez difficile qui tient surtout au moral des consommateurs français”, analyse-t-il.

Pour Jean-Michel Silberstein, délégué général du Conseil national des centres commerciaux (CNCC), les intempéries et les problèmes logistiques qui ont suivi n’ont pas empêché décembre de terminer “légèrement positif”, ce qui est “une belle performance”.

Les achats entre Noël et le 1er janvier n’ont cependant “pas tout rattrapé”.

Le e-commerce est plus optimiste. “On maintient nos prévisions de 6 milliards d’euros pour Noël et de 31 milliards d’euros pour 2010”, assure Marc Lolivier, de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad).

“Les 3-4 derniers jours avant Noël ont été perturbés pour les livraisons, mais ce n’est pas cela qui va modifier le bilan global”, dit-il “car le froid a aussi poussé les gens à aller sur internet”.

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é de Noël (Photo : Jean-Christophe Verhaegen)

Côté jouets, la dernière semaine s’est achevée sur une hausse des ventes de 11% par rapport à 2009, selon Franck Mathais, porte-parole de l’enseigne La Grande Récré. Un phénomène lié aux “gens qui n’ont pu acheter avant Noël et aux enfants qui ont reçu une enveloppe au lieu de jouets”.

Au global, décembre devrait s’achever sur des ventes entre 0 et -1% alors que novembre affichait une croissance de 4 à 5%.

Peu de rattrapage en revanche dans l’habillement. “Ce qu’on a perdu en ventes avant Noël, on l’a perdu”, affirme Charles Melcer, président de la Fédération nationale de l’habillement.

Dans des villes comme Metz ou Lille, fortement touchées par la neige, les ventes ont enregistré parfois des chutes “sévères”, et dans la moitié sud de la France les commerçants “ne sont pas mécontents”, ajoute-t-il.

Pour M. Silberstein, “les soldes vont démarrer fort” car “le consommateur a du pouvoir d’achat” avec ce qu’il n’a pas dépensé en décembre, et “les commerçants ont des stocks”.

La fréquentation des cinémas a chuté de 13,5% en décembre, qui reste bon. La neige, “clairement”, et l’absence de film-locomotive comme l’an dernier avec “Avatar” expliquent ce repli selon le Centre national de la cinématographie.

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Un magasin de jouet (Photo : Jean-Pierre Muller)

Côté électronique grand public, les fêtes de fin d’année s’annonçaient très prometteuses. Selon l’institut GfK, 2,1 millions de téléphones mobiles “classiques” devaient être vendus à Noël, contre 1,2 million pour les smartphones.

Quant aux tablettes, dont l’iPad, produit technologique phare du moment, 100 à 150.000 pièces devaient être vendues à Noël selon GfK. Interrogé par l’AFP, Orange a toutefois indiqué en avoir écoulé seulement 30.000 sur cette période.

Dans la restauration, l’humeur est plutôt morose. Pour Philippe Villalon, président de la branche restauration à l’UMIH, principale organisation du secteur, “il y a eu moins de restaurants ouverts le 31”. De toute façon, la fréquentation était en recul et les clients visiblement peu enclins à faire la fête.

Même son de cloche dans les cafés, bars et discothèques. “C’était plus calme que les autres années”, résume Laurent Lutse, président de cette branche à l’UMIH, constatant “20% d’activité” en moins.

Toutefois pour Didier Chenet, président du Synhorcat, autre organisation patronale, “l’année s’est bien terminée, essentiellement dans les grandes villes”.