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| éen en session pleinière, le 22 mai 2007 à Strasbourg (Photo : Gerard Cerles) |
[23/11/2010 14:37:39] STRASBOURG (AFP) Les eurodéputés continuent de tenir tête aux gouvernements sur le budget 2011 de l’UE, refusant de l’approuver, et avec lui le financement de plusieurs projets clé, sans garanties sur le financement futur du bloc de 27 pays.
Le Parlement entend bien tirer parti des nouveaux pouvoirs budgétaires que lui a octroyé le traité de Lisbonne.
Une résolution réaffirmant son point de vue sera soumise mercredi à un vote en plénière dont l’issue ne fait guère de doute.
Accepter d’augmenter les dépenses l’an prochain de 2,91%, comme le demandaient les gouvernements, mais moins que ce que réclamait initialement le Parlement, “c’est un compromis”, a ainsi souligné mardi le chef du groupe socialiste, l’Allemand Martin Schulz.
En échange, “nous voulons, et ce n’est pas négociable, une implication totale du Parlement dans les prévisions financières à long terme”, a-t-il ajouté.
Faute de budget, une série de grands projets sont menacés: le réacteur expérimental à fusion nucléaire Iter, le système de navigation par satellite Galileo, ou encore le nouveau service d’action extérieure et les agences de supervision financière.
“On ne peut pas devoir systématiquement renégocier (le budget) selon les sensibilités nationales”, souligne la verte allemande Rebecca Harms. Il faut mettre fin aux “marchandages annuels” entre Etats membres, insiste Guy Verhofstadt, chef de fil des libéraux.
Pour les eurodéputés, la solution c’est de réduire la part des contributions directes des Etats au budget de l’UE, et d’augmenter les ressources propres. Mais certains gouvernements craignent d’ouvrir ainsi la porte à un impôt européen.
“A la fin nos intérêts convergent”, fait valoir le chef du groupe conservateur, le Français Joseph Daul. Les Etats membres “ont besoin de réduire leur dette et nous au Parlement souhaitons justement réduire leur contribution au budget européen.”
Le parti Vert avance quant à lui l’idée d’une taxe sur les transactions financières ou les communications téléphoniques reversée au budget de l’UE.
Le Parlement a des droits et “s’ils ne sont pas respectés, il n’y a pas de budget. C’est aux Etats membres de décider”, prévient Martin Schulz.
Au final le blocage risque de leur coûter cher: faute d’accord, le budget 2011 sera gelé chaque mois à un douzième du niveau de 2010. La Commission a déjà prévenu qu’elle ne pourrait pas rembourser 23 milliards d’euros avancés par onze Etats à leurs agriculteurs au nom de la Politique agricole commune.



