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| Logo d’Orange (Photo : Ben Stansall) |
[07/07/2009 06:33:57] PARIS (AFP) L’Autorité de la concurrence doit rendre mardi son avis sur les contenus exclusifs distribués par les fournisseurs d’accès à l’internet, un sujet concernant sans la nommer Orange (France Télécom) avec ses chaînes de télévision consacrées au cinéma et au sport.
Ce n’est pas la première fois que cet opérateur est visé sur ce point: après une plainte de Free et SFR le tribunal de commerce de Paris avait ordonné en février de ne plus lier l’abonnement à Orange Sport à la souscription d’un forfait “triple play” (télévision, internet, téléphone).
Mais Orange a obtenu gain de cause en appel le 14 mai. SFR s’est pourvue en cassation.
En décembre, les députés avaient adopté lors de la réforme de l’audiovisuel un amendement interdisant aux fournisseurs internet de réserver à leurs abonnés la vente d’un abonnement télévisuel.
Il a été rejeté par le Sénat.
Cette fois, c’est le gouvernement qui a saisi en janvier l’Autorité de la concurrence pour savoir si ce type d’offres peut “induire des effets anticoncurrentiels ou présenter des risques pour la concurrence”: leur avis sera consultatif mais aura une grande valeur symbolique.
L’Autorité s’exprimera encore sur la question, sans doute en 2010, après une nouvelle plainte de Canal+ et SFR, filiales de Vivendi, qui contestent la vente liée des chaînes et du forfait internet: sa décision sera alors exécutoire.
Visiblement, le virage d’Orange vers les contenus dérange, même si l’opérateur assure que cette stratégie lui est vitale: “les contenus sont l’oxygène de nos réseaux”, pour rentabiliser les investissements et gagner des clients, répète son PDG Didier Lombard.
L’opérateur a donc acquis des droits sportifs (Ligue 1 de football) et signé des accords avec des studios de cinéma pour alimenter ses chaînes exclusives, Orange Sport et le bouquet Orange Cinéma Séries.
Ses concurrents craignent qu’il profite de sa position dominante dans l’ADSL (49,2% du marché fin mars) pour conquérir voire dominer le secteur de la télévision payante, pré carré de Canal+.
L’Autorité de la concurrence, lorsqu’elle a retiré fin 2008 à Orange l’exclusivité de l’iPhone, a indiqué qu’elle n’était pas opposée “par principe” aux exclusivités mais que celles-ci étaient pour elle “une source de préoccupation”.
Sur ce dossier, elle a consulté l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) et le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).
Tandis que l’Arcep jugeait souhaitable qu’Orange rende ses chaînes disponibles à ses concurrents, le CSA estimait que l’exclusivité pouvait dynamiser le marché.
En réalité, soulignait jeudi Emmanuel Gabla, membre du CSA, à la conférence des Echos sur les télécoms, “nos deux avis sont loin d’être aussi divergents”.
Les deux organismes ne condamnent pas a priori la stratégie d’exclusivité d’Orange mais souhaitent l’encadrer: l’Arcep donne par exemple rendez-vous à l’opérateur en 2011 pour un premier bilan.
Egalement consultée, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir est plus inquiète, selon son chargé d’études Edouard Barreiro: “si ce modèle économique venait à se développer, de nouvelles enclaves culturelles apparaîtraient, le consommateur devant choisir son fournisseur d’accès internet en fonction de ses préférences en termes de programmes audiovisuels”.
Opinion similaire chez Bouygues Telecom et SFR, opposés à une stratégie de contenus exclusifs.
Pour l’UFC, le danger ne vient pas que d’Orange: “Canal+ doit être encadré” lui aussi pour sa “stratégie d’exclusivités des contenus bien trop excessive”, plaide-t-elle.



