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à Berlin, le 22 avril 2009 (Photo : John Macdougall)

[22/04/2009 16:21:22] BERLIN (AFP) La chancelière allemande Angela Merkel a réuni mercredi politiques, experts, patrons et syndicalistes pour trouver des moyens de relancer la première économie européenne, qui plonge dans une récession profonde.

Le pays se trouve confronté à “une année très, très difficile”, a reconnu le ministre de l’Economie Karl-Theodor zu Guttenberg à l’issue de la rencontre d’environ trois heures d’une quarantaine de participants. Et “le fond n’a pas encore été atteint”, a-t-il poursuivi lors d’une conférence de presse.

Déjà en décembre, représentants des trente plus grandes entreprises allemandes, économistes et syndicalistes s’étaient retrouvés pour faire un point sur l’économie du pays.

Depuis, la situation a encore empiré: l’Allemagne, premier exportateur mondial, subit en effet de plein fouet la baisse de la demande internationale, et la consommation intérieure n’est pas à même de prendre le relais.

Le Produit intérieur brut (PIB) a ainsi évolué de “je crois, moins 3,3%” au premier trimestre par rapport au précédent, a dévoilé le ministre des Finances Peer Steinbrück. Une estimation officielle doit être publiée à la mi-mai.

Au quatrième trimestre 2008, il s’était déjà effondré de 2,1%, du jamais vu depuis la Réunification en 1990.

Du coup, le gouvernement s’apprête à revoir nettement sa copie pour cette année. Il doit publier mercredi ses prévisions actualisées.

Pour l’instant, il table toujours officiellement sur une récession de 2,25%. Mais étant donné l’évolution constatée au quatrième trimestre de l’an dernier et lors des trois premiers mois de l’année, “un cinq devant la virgule n’est pas impossible”, a reconnu M. Steinbrück.

Il s’aligne ainsi sur le Fonds monétaire international (FMI): selon ses prévisions actualisées publiées mercredi, le PIB allemand va reculer de 5,6% cette année et de 1% l’an prochain.

Les cinq principaux instituts de conjoncture allemands ne sont pas plus optimistes: dans leur rapport de printemps qui sera rendu public jeudi mais sur lequel des informations ont déjà fui, ils tablent sur une récession de 6% en 2009 et 0,5% en 2010.

L’Allemagne ferait ainsi beaucoup moins bien que l’ensemble de la zone euro et serait, avec le Japon, l’un des pays développé le plus touché par la crise.

Pour autant, pas question pour le gouvernement de mettre sur pied un nouveau plan de relance économique, malgré les appels du pied en ce sens notamment ceux des syndicats, après avoir déjà lancé deux paquets de mesure d’un total d’environ 80 milliards d’euros.

Le syndicat de la métallurgie, IG Metall, l’un des plus puissants du pays, réclame de nouvelles mesures et un fonds public de plus de 100 milliards d’euros pour soutenir l’industrie.

Des syndicalistes ont fait de nouveau part de leurs demandes lors de cette réunion, a indiqué M. Steinbrück, pour qui ceci serait toutefois “contre-productif”.

La chancelière conservatrice Angela Merkel a quant à elle affirmé lors d’une brève déclaration en fin de journée: “nous ne devons pas envisager de troisième plan de relance, les mesures deja prises fonctionnent, certaines doivent encore en partie être développées”.

Le gouvernement a déjà choisi de prolonger la prime à la casse pour les vieilles voitures en échange d’un véhicule neuf, une mesure très populaire dans le pays.

Il réfléchit aussi à l’allongement de la durée d’indemnisation du chômage partiel de 18 à 24 mois. Cette mesure avait permis dans un premier temps d’éviter une hausse massive du chômage mais depuis le début de l’année, la crise a rattrapé le marché de l’emploi, une mauvaise nouvelle pour le gouvernement à moins de cinq mois des élections législatives.