Craintes de suppressions d’emploi chez le constructeur de bateaux Bénéteau/Jeanneau

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énéteau, le 13 octobre 2005 à Bordeaux (Photo : Michel Gangné)

[02/04/2009 12:30:14] SAINT GILLES CROIX DE VIE, Vendée (AFP) Les syndicats du chantier vendéen Bénéteau/Jeanneau, numéro un mondial de la plaisance à voile, craignent un plan social face à la chute des ventes du groupe, alors que des informations de presse évoquaient jeudi 700 à 800 suppressions d’emplois.

“Nous on ne sait rien, ils ne nous disent rien, mais la direction a laissé planer l’information que nous étions trop nombreux”, a expliqué à l’AFP Michel Chopin (CGT Bénéteau), en indiquant qu’un droit d’alerte sur la situation économique avait été lancé par le comité d’entreprise de Bénéteau (2.300 salariés).

Chez Jeanneau (1.600 salariés), où un droit d’alerte a également été déclenché par le CE, “on sait pertinemment qu’il va y avoir un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) dans les jours ou les semaines à venir”, a déclaré de son côté Emmanuel Landreau (CFDT).

“Ils nous avaient fait comprendre un peu abruptement il y a plusieurs semaines qu’avec 50% de chiffre d’affaires en moins, c’est 50% de salariés en trop”, a-t-il dit à l’AFP.

Dans son édition de jeudi, le Figaro affirme que le chantier vendéen “prépare un plan social qui pourrait entraîner la suppression de 700 à 800 emplois”, après avoir vu son carnet de commandes chuter depuis le début de l’année “de 50% par rapport à la même période en 2008”.

Interrogé par l’AFP, le groupe dont la plupart des sites sont situés en Vendée, Loire-Atlantique et Maine-et-Loire n’a souhaité “ni confirmer ni infirmer” cette information.

Reconnaissant être “engagé dans un processus d’évaluation des perspectives qu’offrent la saison 2010 et dans une procédure d’échange et d’information avec les partenaires sociaux et le personnel”, il a précisé réserver “la primeur de ses réflexions aux salariés et élus du personnel”.

Selon les syndicats, le groupe ne peut pas annoncer de plan social tant qu’il n’a pas créé de comité central d’entreprise après la fusion de Bénéteau et Jeanneau intervenue le 1er février. Une réunion est prévue vendredi pour permettre la création de ce CCE, selon la même source.

“Nous avons récemment partagé avec notre personnel notre inquiétude sur la chute du marché”, a expliqué Bruno Cathelinais, président du directoire, dans les colonnes du Figaro. Il s’agit “de trouver le bon équilibre entre le sauvetage du maximum d’emplois et la pérennité du groupe”, a-t-il ajouté.

Fin janvier le constructeur naval tablait sur une baisse de “30 à 40%” de son chiffre d’affaires sur l’exercice 2008/09 après avoir annoncé une chute de 48% de son chiffre d’affaires au premier trimestre (clos fin novembre) de son exercice. Bénéteau avait alors décidé de mettre en place d’importantes mesures de chômage partiel.

Le groupe estimait “prématuré de prévoir à quel moment interviendra la reprise”, mais prévoyait “dès la saison 2010 une croissance à deux chiffres de son activité bateaux”.

Au total, et toutes activités confondues, le groupe Bénéteau compte près de 6.000 salariés sur 24 sites de production, et est présent dans une trentaine de pays.