[10/10/2008 21:13:05] NEW YORK (AFP)
Les prix du pétrole ont chuté vendredi à New York, terminant sous les 80 dollars, minés par la détérioration du sentiment des investisseurs qui s’inquiètent de l’état de la demande en pleine tourmente économique, alimentée par la nouvelle déroute des Bourses. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de “light sweet crude” pour livraison en novembre a fini à 77,70 dollars, en baisse de 8,89 dollars par rapport à la clôture de jeudi. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance identique a perdu 8,57 dollars, à 74,09 dollars. Tombés sous 80 dollars à Londres durant les échanges asiatiques, les cours du pétrole ont plongé à leur tour sous ce seuil à New York après l’ouverture calamiteuse de Wall Street, qui a chuté de plus de 6% et a franchi la barre des 8.000 points pour la première fois depuis avril 2003. Alors que l’ensemble des Bourses mondiales étaient à nouveau gagnées par la panique, le pétrole a plongé jusqu’à 73,30 dollars à Londres et 77,09 dollars à New York, des plus bas depuis un an. Par rapport à ses records historiques du 11 juillet à plus de 147 dollars, le pétrole a abandonné près de la moitié de sa valeur.
“De toutes les forces qui contrôlent l’activité sur les marchés financiers, l’une des plus puissantes est actuellement à l’oeuvre: la perception, qui se concentre sur la demande”, a noté Mike Fitzpatrick, de MF Global. “La peur qui se répand sur les marchés pousse à la conclusion que le monde entre, ou entrera sous peu, dans une sévère et durable récession”, a-t-il précisé. L’Agence internationale de l’énergie a confirmé ce point dans son rapport mensuel paru vendredi. “La faiblesse de la demande cet été dans la plupart des pays de l’OCDE face à un prix du baril élevé est désormais relayée par des perspectives économiques en berne et par une crise financière risquant de placer en récession les économies de l’OCDE”, où la demande devrait chuter de 2,2% en 2008, a ainsi souligné l’AIE. L’Agence a de nouveau abaissé sa prévision de demande mondiale pour 2008 et 2009 à respectivement 86,5 millions de barils par jour (mb/j), et 87,2 mb/j. La demande mondiale de pétrole devrait croître encore cette année, mais à peine: de +0,5% ou 0,4 mb/j, la plus faible progression en terme de pourcentage depuis 1993, selon Mike Fitzpatrick. La perspective d’une réunion d’urgence de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) le 18 novembre, n’a pas changé le sentiment des investisseurs. “Depuis longtemps nous pensions que l’Opep défendrait les prix à 80 dollars le baril, mais d’ici le 18 novembre il se pourrait qu’elle défende un prix inférieur à ce seuil, peut-être bien inférieur”, a souligné James Williams, de WTRG Economics. “On peut facilement imaginer que les prix du pétrole tombent, mais un cours de 80 dollars et même de 60 dollars le baril sera difficile à défendre si la crise financière ne commence pas à montrer des signes d’accalmie”, a ajouté l’analyste. |
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