Lotfi Belhassine : les ailes de la liberté

cherliberte1.jpgLes
hommes d’affaires tunisiens, évitent généralement de s’exposer. La
communication, ce n’est pas leur priorité. Histoire de ne pas attirer les
malintentionnés, et autres fiscalités. Mais voilà que l’un des plus
brillants de nos businessmen a écrit un livre sur son parcours. Un vrai
livre de 200 pages, alors que la parole nos hommes d’affaires préfèrent la
confiner dans les salons feutrés. Lotfi Belhassine nous retrace ainsi son
parcours de battant. L’odyssée de Air Liberté, ses pérégrinations entre les
deux rives de la Méditerranée, tout sera déballé. Le grand voyageur devant
l’éternel, nous contera même ses aventures sud-américaines. Avec toutefois
un fil conducteur : son sens des affaires. Un talent grâce auquel il
renverse les situations les plus désespérées en sa faveur. Jusqu’à ce que…

 

L’histoire commence à
Tunis à l’aube de l’Indépendance, du côté de la banlieue nord, à la Marsa.
Un village cosmopolite qui rassemblait les notabilités, les commerçants,
bref les gens qui tenaient, à l’époque, le haut du pavé. L’oncle maternel de
l’auteur, traitait déjà avec des Chinois, et des Français, bien avant que
l’on commence à parler de mondialisation. Un milieu propice donc pour
développer les dons de commerçant. Mais aussi de précieux contacts familiaux
qui ont aider notre jeune homme à percer. Ce qui n’enlève rien à son talent
et à sa farouche volonté de réussir. Un exemple ? Au cours de ses études en
France, il a cumulé les petits boulots. Le jeune Lotfi a déniché un job qui
consistait à vendre des espaces publicitaires pour un petit journal. L’un
des clients prospectés, un charcutier, lui a proposé, comme pour le narguer,
de le payer en saucisses. Loin de se démonter notre businessman en herbe a
accepté. Et a profité de l’occasion pour s’improviser vendeur de sandwiches.
Il se lance ainsi dans le fast-food, servant des hot-dogs pour ses camarades
étudiants, pour se faire quelques francs. Une foule d’anecdotes du même
genre émaillent le livre, de quoi susciter, peut-être des vocations.

 

Côté business, la
vraie success story a démarré avec la fondation du Club Aquarius, en Grèce.
Lotfi Belhassine s’est inspiré du modèle du Club Méditerranée. Le business
model de l’illustre prédécesseur a été proprement disséqué. Pour être
réadapté aux contraintes budgétaires de notre hommes d’affaires. Pour se
battre contre des géants du secteur, Belhassine fera flèche de tout bois,
menant parfois de véritables guérillas commerciales. Autant d’escarmouches
décrites en détail dans un livre précédent de l’auteur, intitulé « Le Ciel
Confisqué ».

 

Quand British Airways
a voulu contrecarrer ses plans, il a suscité l’intérêt des médias en
organisant la résistance devant les guichets même de la compagnie aérienne.
Ses employés ont fait la queue juste pour exprimer leur désaccord avec le
mastodonte britannique. Qui a fini par céder. Belhassine, c’est un peu le
low-cost avant l’heure. Puisque les compagnies du style Ryan Air, Easy Jet,
n’existaient pas encore. Mais les inspecteurs des impôts ont fini par avoir
raison de sa bonne fortune. Mais ses ailes ne seront pas rognées pour
autant, le voici lancé à l’assaut de l’internet et de ses réseaux, avec
Liberty TV. Et après Paris, c’est Bruxelles qui sera désormais son port
d’attache.

 

Lotfi Belhassine dédicacera son livre à la Librairie Mille Feuilles, à La
Marsa, le Samedi 21 juin 2008 à partir de 19h00.

 

Chère Liberté

Tunis, Paris, Bruxelles

de Lotfi Belhassine

Ed. Hugo (2008)

Broché : 196 pages

rix : 38,400 DT

 


O.C.