[06/06/2008 17:37:55] PARIS (AFP) Le Crédit Agricole a lancé vendredi une augmentation de capital massive de 5,9 milliards d’euros, pour renforcer ses fonds propres entamés par la crise des “subprime”, mais aussi anticiper le durcissement des exigences des régulateurs en matière de solvabilité. La première banque de détail européenne, qui a perdu 4,2 milliards d’euros depuis le début de la crise, veut porter son ratio de solvabilité au niveau de 8,5%. A la fin mars, il était tombé à 7,7%. L’offre, qui court jusqu’au 24 juin, privilégie les actionnaires existants: ceux-ci ont reçu un DPS (“droit préférentiel de souscription”) par action détenue, trois DPS donnant droit à souscrire une action nouvelle à un prix de 10,60 euros. Les caisses régionales, qui détiennent plus de la moitié du capital de Crédit Agricole SA (CASA), le holding coté du groupe, se sont engagées à souscrire à l’opération à hauteur de leur participation actuelle et, en outre, à acheter les actions qui ne trouveraient pas preneurs. Si CASA est ainsi assuré d’obtenir ses 5,9 milliards d’euros, le taux de souscription sera un élément important pour apprécier l’attractivité du groupe pour les investisseurs. L’augmentation de capital de la Société Générale, en mars, avait été “sur-souscrite” près de deux fois, un succès réconfortant pour la banque, malmenée par la crise et l’affaire Kerviel. Comme la Société Générale, le Crédit Agricole a consenti une décote importante (de l’ordre de 30%) afin de mettre toutes les chances de son côté, dans un contexte de marché particulièrement difficile. Le directeur général du groupe, Georges Pauget, s’est également efforcé de convaincre les analystes financiers, que le montant important de l’opération rendait soupçonneux, que cette levée de fonds ne visait pas à couvrir des dépréciations futures. Sans l’exclure, M. Pauget assurait récemment qu’il s’agissait de préparer cette “grosse machine” qu’est le Crédit Agricole à un nouvel environnement bancaire où “le capital sera roi”. La crise financière a en effet sonné le glas de la “désintermédiation” tous azimuts: le fait pour une banque de sortir ses crédits de son bilan et de les revendre sur le marché pour augmenter sa capacité de prêt. Les banques vont devoir conserver dans leurs bilans les crédits qu’elles titrisaient jusqu’alors, ce qui nécessite plus de fonds propres à un moment où ils ont été largement entamés par les pertes subies. En outre, “les exigences des régulateurs en matière de solvabilité sont partout en train de se durcir”, ce qui va pousser “de plus en plus d’établissements financiers” à lever des fonds “dans les semaines et les mois qui viennent”, a déclaré M. Pauget vendredi aux Echos. Mieux vaut faire appel au marché “maintenant que plus tard: cela nous permettra d’être plus manoeuvrant le moment venu”, a-t-il ajouté. Cela n’a pas empêché le titre de dévisser jeudi à la Bourse de Paris. Il a clôturé en baisse de 8,03%, à 15,34 euros, soit plus d’un euro en dessous de son cours d’introduction en 2001. Les analystes ont critiqué notamment le manque d’ambition affiché par Calyon, la banque de financement et d’investissement, qui vise un milliard d’euros de résultat net récurrent par an à l’horizon 2010. En 2006, Calyon avait dégagé un résultat net de 1,65 milliard. Vendredi, le titre s’est repris dans la matinée, avant de repartir à la baisse, cédant 1,06% à 14H55 GMT. |
||
|



