Le Smic va augmenter de 2,3% au 1er mai, tiré par l’inflation

 
 
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Evolution et proportion de smicards en France au 28 février 2008

[15/04/2008 13:01:24] PARIS (AFP) L’inflation a atteint un tel niveau en mars que le Smic sera relevé de 2,3% au 1er mai pour les plus de deux millions de salariés les moins payés, sans attendre la revalorisation habituelle du 1er juillet.

Un arrêté interministériel fixera “très prochainement” le nouveau taux horaire du Smic, qui devrait augmenter d’environ 20 centimes, a indiqué le gouvernement mardi.

Plus d’un salarié sur dix en France, payé actuellement sur la base de 8,44 euros brut de l’heure, soit 1.279 euros mensuels à condition d’être à temps plein (1.000 euros nets), est concerné. En 2007, près de 900.000 personnes concernées par le Smic travaillaient à temps partiel.

D’habitude, la hausse du Smic attend le 1er juillet, mais si l’indice d’inflation de référence atteint ou dépasse le cap de 2%, une revalorisation équivalente intervient au début du mois suivant la publication de cet indice.

La référence prise en compte n’est pas l’inflation pour l’ensemble des ménages (+0,8% en mars sur un mois, +3,2% sur un an), mais un indice tenant compte des habitudes de consommation, hors tabac, des ménages ouvriers et employés.

Dans ce panier de produits, le même que pour l’inflation générale, la nourriture pèse davantage et le poste loisirs-culture est minoré car les ménages ouvriers ont moins d’argent à y consacrer.

Le principe d’une indexation du salaire minimum sur l’inflation date des années 1950, mais les règles ont été améliorées après mai 1968.

En 1970, il a été décidé de tenir compte de l’inflation mais aussi de l’évolution du pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO).

Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, et alors que certains pays européens viennent d’instaurer un salaire minimum, comme la Grande-Bretagne (1999), ou en débattent, comme l’Allemagne, une réforme est en gestation.

Le gouvernement voudrait créer “une commission indépendante d’experts (…) qui émettrait des recommandations sur les évolutions souhaitables du salaire minimum sur la base d’une analyse approfondie”.

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Laurence Parisot arrive à l’Elysée, le 6 avril 2008 à Paris (Photo : Patrick Hertzog)

Il envisage aussi d’avancer au 1er janvier la date de revalorisation annuelle du Smic, pour faciliter l’alignement des conventions collectives.

Le gouvernement reste en revanche évasif sur ce que deviendrait le mécanisme automatique de double indexation (inflation et pouvoir d’achat ouvrier).

La création d’une commission d’experts ne peut que réjouir le patronat, qui milite depuis au moins 2002 pour faire disparaître le Smic horaire au profit d’une rémunération minimale annuelle dont les évolutions seraient confiées à des experts, mais elle inquiète certains syndicats.

Mardi, la présidente du Medef Laurence Parisot a jugé “normal” le relèvement automatique du Smic, tout en plaidant pour des changements.

“Il faut sortir le Smic de considérations politiques”, a-t-elle dit en souhaitant qu’une “commission” décide du Smic “avec des critères non politiques”.

A l’heure actuelle, seul le “coup de pouce” du gouvernement, qui s’ajoute ou pas selon les années aux revalorisations mécaniques, obéit à des considérations politiques.

La CFTC et la CGT s’opposent à la fixation du Smic par des experts, en fonction de critères exclusivement économiques. La CFTC explique qu’ils “sont trop souvent déconnectés des attentes de nos concitoyens”.

La CFDT juge en revanche utile un avis donné par des experts, tandis que FO insiste sur l’indépendance des experts qui seront choisis.

 15/04/2008 13:01:24 – © 2008 AFP