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Le PDG de Microsoft Steve Ballmer, au Cebit à Hanovre, le 3 mars 2008. (Photo : David Hecker)

[03/03/2008 19:57:03] BERLIN (AFP) Le plus grand salon des hautes technologies du monde, le Cebit, s’est ouvert lundi à Hanovre, dans un esprit de coopération franco-allemande, sur fond de nouveaux défis pour les acteurs du secteur, notamment dans le domaine climatique.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont inauguré officiellement en soirée le Cebit, dont la France est cette année le pays partenaire.

M. Sarkozy a dit son intention de “renforcer l’usage des nouvelles technologies” en France, avec à la clé deux objectifs: porter à 70% la part des ménages français équipés d’un ordinateur d’ici 2010 et donner à 99% des Français l’accès à l’internet haut débit avant 2012.

La France et l’Allemagne doivent définir “ensemble les règles de la nouvelle civilisation du numérique pour qu’elle soit un progrès pour tous et ne soit un danger pour personne”, a-t-il mis en garde.

Dans le même sens, Mme Merkel a estimé que “la technologie devait servir l’humanité, et non le contraire”.

L’invité de marque du salon, le PDG de Microsoft Steve Ballmer, s’est lui livré à un éloge de la révolution numérique, prédisant la fin du papier au profit d’appareils nomades, toujours plus interactifs et intuitifs.

Sans oublier la grande tendance du moment, la lutte contre le réchauffement climatique. Plus tôt dans la journée, M. Ballmer avait vanté les mérites écologiques de son entreprise. “Les ordinateurs et l’informatique sont peut-être l’industrie dont la consommation d’énergie augmente le plus vite au monde”, a-t-il fait valoir.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a lui aussi longuement insisté sur l’importance d’une politique européenne “ambitieuse” dans les technologies de l’information et de la communication, notamment pour rendre l’économie “plus verte”, évoquant des économies d’énergie potentielles de 40%.

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La chancelière allemande Angela Merkel (d) et le président français Nicolas Sarkozy au Cebit de Hanovre, le 3 mars 2008. (Photo : Jens Schlueter)

Une déclaration tout à fait dans le ton du Cebit, qui a mis son édition 2008, du 3 au 9 mars, sous le signe de la “technologie verte”.

Au premier jour du salon, la fédération allemande du secteur, le Bitkom, s’est voulue rassurante sur l’état du marché, face aux incertitudes économiques. La croissance s’est élevée à 2% l’an dernier en Allemagne, soit plus que prévu.

Le Bitkom a toutefois mis en garde contre tout excès de confiance: la croissance devrait ralentir cette année, sur fond de guerre des prix.

La fédération a aussi souligné que l’Allemagne restait importatrice net de produits de haute technologie, et qu’elle avait de moins en moins d’usines dans ce secteur.

Autre point noir: la pénurie de main d’oeuvre qualifiée. Le Bitkom estime à 43.000 le nombre de spécialistes des TIC manquant à l’Allemagne.

Pour enrayer ce possible déclin, August-Wilhelm Scheer, président du Bitkom, a rêvé tout haut d’un “Airbus de l’industrie des TIC”, sur le modèle de l’avionneur européen du même nom.

L’Europe a en effet tout intérêt à s’organiser, alors que le monde des TIC connaît de profondes mutations.

Les frontières tendent à s’estomper entre les différentes spécialités, comme le montre la décision récente du fabricant finlandais de téléphones portables Nokia de se lancer aussi dans l’offre de contenus multimédia (jeux ou musique).

Autre exemple emblématique de ces grands bouleversements: la bataille entre Microsoft et Yahoo! Interrogé à ce sujet, M. Ballmer a défendu sa stratégie en jugeant que son offre non sollicitée de 44,6 milliards de dollars sur le portail internet “faisait sens” et “créait de la valeur pour tous.”

 03/03/2008 19:57:03 – © 2008 AFP