Vue d’ensemble du marché télécoms en Mauritanie

Par : Tallel

Par Yacoub ABEIDI – Directeur Commercial
Groupe WIMEX

Suite à
plusieurs années de forte croissance, le marché des télécommunications en
Mauritanie est à un tournant. La couverture en infrastructure de base a
atteint des niveaux qui permettent un marché mobile florissant, dominé par
la voix, ce qui devrait permettre de doper les économies fragiles du pays.
La consolidation du marché a créé un paysage dominé par les groupes
(Maroc télécoms et Tunisie télécoms)
.

 

La
demande de qualité continue a poussé les services de téléphonie mobile en
Mauritanie. Alors que la croissance exceptionnelle a eu un impact positif
sur les additions nettes d’abonnements. Dans ce contexte, la demande
croissante pour les services de data, principalement pour l’accès à internet,
même s’ils restent un marché niche, émerge comme la prochaine source de
croissance pour les opérateurs qui cherchent à stabiliser.

 

Les
besoins fleurissant du secteur des entreprises en accès au haut-débit, le
taux de pénétration croissant des PC dans les classes moyennes, et la
multiplication de cybercafés dans nombres de marchés, participent à la
création d’une demande très anticipée pour l’accès à l’internet de haut
débit. Avec une infrastructure de téléphonie fixe sous-développée, il va
sans dire que les fournisseurs d’accès Wireless sont les mieux placés pour
tirer les bénéfices de cette demande croissante.

 

Tout
aussi notable en Mauritanie, est l’impact que la demande croissante pour le
data a sur le paysage technologique. L’émergence de technologies
alternatives d’accès à l’internet haut débit telles que TD-CDMA et WiMAX (bientôt),
qui affirment toutes pouvoir offrir de haut niveaux de data à un coût
modéré, ouvre de nouvelles opportunités pour les future stratégies data et
choix technologiques des opérateurs. La plus dominante d’entre elles – le
WiMAX (projet en cours),
décrit partout dans le monde comme ayant le potentiel pour devenir une
technologie disruptive
– continue d’attirer l’attention. Pour les opérateurs GSM/CDMA qui doivent
encore s’engager dans l’évolution vers WCDMA/CDMA-EVDO, ces alternatives
soulèvent autant d’incertitudes que d’opportunités.

 

L’arrivée d’un troisième opérateur relance définitivement la concurrence sur
le marché de la téléphonie mobile. La bataille est déjà engagée afin de
séduire les abonnés et tous les coups publicitaires sont permis, pourvu
qu’ils attirent le chaland.

 

Réduction de tarifs et augmentation du nombre d’abonnés. C’est la logique
imposée par le marché de la téléphonie mobile à l’heure actuelle. Les trois
opérateurs en Mauritanie, à savoir
Mauritel
,
Mattel
et
Chinguitel
, doivent
désormais évoluer tenant compte d’une nouvelle donnée : la concurrence.

 

Si
Mattel applique
une stratégie bien huilée déjà éprouvée dans de nombreux pays africains
(baisse de prix), Chinguitel
fait preuve d’un dynamisme inattendu sur un terrain déjà exploité par le
fameux (3G CDMA). Mauritel,
forte de ses Sept ans d’évolution dans le contexte Mauritanien et sans doute
sous l’impulsion de sa maison mère Maroc télécoms, affiche une assurance
sans faille et compte aujourd’hui le plus grand nombre de clients.

 

“La
concurrence est toujours une bonne chose à condition qu’elle est saine”.

 

En cette
fin d’année, il faut reconnaitre que chaque opérateur fait preuve d’une
inventivité surprenante en matière de tarification. Les promotions 100%,
initiée par Mauritel et maintenue par Mattel, a été l’une des premières
offres les plus audacieuses du marché. Le bonus des week end, en offrant des
unités supplémentaires durant certains week-ends, s’inscrit également dans
cette logique.
 

 

Le
système exploité par Chinguitel (la tarification à la seconde). Celui-ci en
a fait son arme principale, Il faut reconnaitre que cette société affiche
aujourd’hui les prix le plus bas du marché en termes de coûts des appels.

 

Trois
mois après son lancement, près de 100.000 abonnés ont été séduits par le
nouveau venu, malgré de nombreuses imperfections dans son système réseau
ainsi que l’étendue limitée par rapport à Mauritel.

 

 

Grâce à
ses longues années de présence en Mauritanie, Mauritel a mis en route une
machine déjà bien huilée. Réduction des couts ; De nouveaux produits, ayant
déjà conquis les habitudes africaines, font leur apparition, à l’image de
Hawelli, système
de partage de crédits entre abonnés,
familles et amis
,
consultation du code puk
par appel gratuit, info nationale par SMS :
Ami Mobiles
et bientôt
d’autres produits en cuisine.

 

Mattel
annonce également une démarche agressive d’extension réseau et prévoit de
satisfaire le reste de la population jusqu’à la fin de 2008
(planning d’extension « cahier de charge
» non respecté par les opérateurs)
. Néanmoins, aucun
changement majeur n’est observé à l’heure actuelle sur l’ensemble des
tarifications de Mattel ; sur certaines grilles et notamment pour les appels
internationaux.

 

Mattel
compte à l’heure actuelle près de 350 000 abonnés, un chiffre pouvant encore
évoluer derrière Mauritel le leader GSM avec un parc de 800.000 abonnés.

 

Chinguitel, de son côté, a compris que pour accroître le nombre de ses
abonnés, elle doit faciliter l’achat de postes. Depuis ce mois de décembre,
les packs (Samsung, LG et Nokia) de Qualcomm vendus au même prix toute avec
une augmentation du crédit initial de 3500 UM
(premier pas sur le chemin : au pays
voisin le Maroc, l’opérateur WANA utilisant la même technologie, propose des
postes avec un crédit équivalent au prix d’achat)
.

 


Le secteur des télécoms Mauritanien étant
un marché hautement concurrentiel
à marges réduites, les
opérateurs et les fournisseurs de services sont contraints de rechercher
constamment de nouvelles façons de réduire les dépenses d’investissement et
les dépenses opérationnelles pour rester compétitifs. Au-delà de la
réduction des coûts, ils doivent
impérativement proposer de nouveaux services à valeur ajoutée pour augmenter
leur chiffre d’affaires
. Selon
Marc Rennard
, directeur
des opérations internationales de France Télécom, « les opérateurs mobiles
africains sont aussi rentables que leurs homologues en Europe s’ils savent
serrer les coûts ».

 

Le
marché Mauritanien n’est pas ce qu’on peut qualifié de facile. Sur une
population estimée à 3,5 millions d’habitants, 1,5 dispose d’un téléphone
portable.

 

Un
niveau de vie très bas, des zones de couverture réseau éparpillées ou tout
simplement la réticence à la modernité sont autant de causes expliquant
cette situation de “sous-communication”.

 

L’extension à outrance de la zone de couverture ne constitue pas une
stratégie qui marche à tous les coups. Autrement dit, les opérateurs de
téléphonie mobile doivent faire du bénéfice dans un marché où le
comportement des consommateurs n’est pas forcément assuré de répondre aux
investissements engagés. Ensuite, contre la tendance inflationniste mondiale
présente, seule le secteur de la télécommunication enregistre des baisses de
prix. C’est la conséquence de l’avènement de nouvelles technologies ainsi
que de la multiplication de la concurrence.

 

L’enquête indique que, partout dans le monde, les utilisateurs cherchent à
obtenir (et bien souvent obtiennent) de leur téléphone portable un sentiment
d’enrichissement, de gratification personnelle et d’exclusivité. Ils
attendent des offres de services mobiles les mêmes sensations que celles
procurées par l’achat d’un vêtement ou d’un accessoire de mode.

 

A
l’heure actuelle, l’une des principales préoccupations des grands opérateurs
de télécommunications mobiles est : la diminution du revenu moyen par
utilisateur ARPU (Average Revenue
Per Unit ou Average Revenue Per User)
. Dans un pays où les
revenus par habitant sont parfois faibles, le coût des services est la clé
de leur succès. Si les prix ne baissent pas, les abonnés potentiels
resteront dans l’incapacité de s’offrir un mobile, mais les opérateurs
restent dans l’obligation de tirer des recettes suffisantes de leurs
activités pour en assurer la rentabilité.

 

Le
mobile, de son côté, se trouve confronté à l’obligation de poursuivre sa
croissance en dépit de son prix qui le rend souvent inabordable. Sa
croissance à court terme dépendra étroitement de la capacité des
utilisateurs potentiels à s’offrir les services que leur proposent les
opérateurs. L’important est que la demande soit au rendez-vous et le
problème est de réussir à la satisfaire.

 

Les
opérateurs nationaux donc doivent ouvrir leurs réseaux aux nouvelles
technologies et trouver les solutions qui leurs permettent d’implémenter
rapidement les produits imaginés par leurs services marketing.

 

Source :

http://www.mauritanie-web.com/actualite.php?id=3624