Qualifié d'”autiste”, Free poursuit l’UFC-Que Choisir pour diffamation

 
 
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La Freebox (Photo : Thomas Coex)

[02/11/2007 18:12:43] PARIS (AFP) Le tribunal de Paris a examiné vendredi l’action en diffamation engagée par Free contre l’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir, qui dans des articles diffusés il y a un an et demi avait qualifié d'”autiste” le fournisseur d’accès à internet.

Free, représenté à l’audience par son président Cyril Poidatz, poursuivait plus précisément deux responsables d’UFC-Que Choisir : son président Alain Bazot et le rédacteur du magazine éponyme, Jean-Paul Geai, seul présent vendredi.

Dans un article diffusé sur son site le 15 mai 2006, UFC-Que Choisir avait annoncé que, dès le lendemain, “des centaines de consommateurs, adhérents de l’association et victimes partout en France de l’opérateur Free, allaient saisir” des juges de proximité, parce qu'”exaspérés” du piètre service fourni par l’opérateur.

Malgré les “multiples condamnations par les tribunaux”, Free “reste incroyablement autiste”, déplorait l’association.

Un mois et demi plus tard, dans un article publié dans son magazine, UFC-Que Choisir revenait à la charge et affirmait que “même si Free détenait 20% du marché de l’internet haut débit, il concentrait plus de 51% des plaintes!”

A l’audience devant la 17e chambre correctionnelle, l’avocate de Free, Me Orly Rezlan, dénonce “l’opération coup de poing” lancée par UFC: “ce communiqué du 15 mai était d’une brutalité inouïe. Il a claqué dans l’air sans aucun préalable”, entraînant “la chute du cours de bourse de Free de près de 12% dans les jours qui ont suivi”.

L’avocate ajoute que les chiffres produits par UFC concernant le nombre de plaintes déposées étaient erronés.

L’UFC de son côté réaffirme “le manque total de communication” d’un opérateur “autiste” qui ne répondait pas aux lettres recommandées de certains de ses clients en difficulté.

“Free c’est techniquement bien, mais commercialement, c’est nul. Et ce constat, ce n’est pas seulement celui de l’UFC”, plaide son avocat, Me Jérôme Franck, estimant que les propos incriminés “n’excédaient pas le droit de libre critique”.

Jugement mis en délibéré au 7 décembre.

 02/11/2007 18:12:43 – © 2007 AFP