[12/12/2006 07:13:16] PARIS (AFP) La croissance française ne devrait finalement pas dépasser 2,1% cette année mais semble capable de résister au ralentissement de l’économie mondiale au 1er semestre 2007, grâce à un pouvoir d’achat en hausse qui soutiendra la consommation, selon la note de conjoncture de l’Insee parue mardi. La récente contre-performance de la croissance française, restée nulle au 3e trimestre 2006, a “surpris”, a reconnu Eric Dubois, chef du département conjoncture de l’Insee, au cours d’un point de presse. Elle devrait être “en partie corrigée” par une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,9% au 4e trimestre, grâce au rebond attendu de l’industrie manufacturière, selon M. Dubois. La production industrielle devrait en effet rebondir en fin d’année, après un recul de 1,8% au 3e trimestre. C’est du moins ce que laisse présager l’enquête de conjoncture menée par l’Insee auprès des industriels, dont les perspectives de production demeurent à un niveau élevé. Au total, la croissance française ne devrait finalement pas dépasser 2,1% cette année, estime l’Institut, qui tablait encore sur 2,3% début octobre, et qui rejoint ainsi la prévision publiée le 28 novembre par l’OCDE. Ce niveau de croissance reste en tout cas conforme aux prévisions du ministre de l’Economie Thierry Breton, qui s’en est toujours tenu à une fourchette 2 à 2,5%. Pour le 1er trimestre 2007, le contexte sera celui d’une “économie mondiale en phase de décélération, mais de décélération maîtrisée”, sous l’effet principalement de la poursuite du ralentissement de l’économie américaine, selon Anne-Juliette Bessone, adjointe au chef de la division synthèse conjoncturelle de l’Insee.
Ce ralentissement devrait freiner les exportations françaises. Mais ce phénomène, négatif pour la croissance, sera compensé par le dynamisme de la consommation des ménages, toujours vaillante. Sur ce front, en effet, les nouvelles sont plutôt bonnes: les créations d’emplois devraient rester dynamiques (115.000 au 1er trimestre) et le taux de chômage devrait être ramené à 8,2% fin juin, “son plus bas niveau depuis 1983”, a souligné M. Dubois. Le pouvoir d’achat des ménages bénéficiera aussi de la baisse d’impôt sur le revenu qui entrera en vigueur début 2007, et du reflux des prix pétroliers. L’inflation, qui était de 1,9% en juin dernier, pourrait ainsi baisser encore, jusqu’à 0,8% en juin prochain, sur la base d’un baril de pétrole à 60 dollars. Au total, la croissance française devrait être en moyenne de 0,5% par trimestre sur l’ensemble du 1er semestre 2007, selon l’Insee, qui ne donne pas pour l’instant de prévisions de croissance pour l’ensemble de l’année 2007. Toutefois, les aléas qui pèsent sur ce scénario “sont particulièrement nombreux”, avertit Eric Dubois. Le premier tient au marché immobilier américain, dont l’atterrissage pourrait affecter l’emploi et la consommation et se transmettre aux partenaires commerciaux des Etats-Unis. Des interrogations entourent aussi l’évolution du taux de change euro/dollar, qui pourrait devenir particulièrement volatil. Enfin, la hausse de la TVA qui entrera en vigueur outre-Rhin au 1er janvier pourrait, en freinant la consommation allemande, perturber la croissance de toute la zone euro. |
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