Les grandes manoeuvres s’accélèrent dans l’électricité espagnole

 
 
SGE.RMT76.270906133632.photo00.quicklook.default-245x153.jpg
Le président du numéro un allemand de l’énergie E.ON, Wulf Bernotat, le 21 février 2006 à Düsseldorf (Photo : Pedro Armestre)

[27/09/2006 13:37:56] MADRID (AFP) Les grandes manoeuvres s’accélèrent dans l’univers morcelé de l’électricité espagnole, avec la confirmation mercredi de l’intérêt du groupe de construction ACS pour le numéro deux du secteur Iberdrola, au lendemain du rachat de 10% du numéro un Endesa par Acciona (BTP).

Après d’intenses spéculations dans la presse sur une possible fusion entre Iberdrola et le numéro trois de l’électricité espagnole Union Fenosa que contrôle ACS, ce dernier groupe a admis avoir pris une part de 6,31% dans le capital d’Iberdrola.

ACS, géant espagnol des services et de la construction affichant un chiffre d’affaires de plus de 12 milliards d’euros, a toutefois laissé en suspens ses intentions au sujet d’une éventuelle future fusion entre Union Fenosa et Iberdrola.

Dans un communiqué, ACS a assuré n’avoir pris “aucune décision pour promouvoir la fusion entre Union Fenosa et Iberdrola”. ACS est l’actionnaire de contrôle d’Union Fenosa avec une part d’environ 35%.

ACS explique que son entrée dans le capital d’Iberdrola illustre son “fort intérêt” pour le secteur énergétique et précise n’avoir pris “aucun engagement” pour acheter davantage d’actions Iberdrola.

Le groupe de BTP a précisé n’avoir passé aucun accord avec les autres actionnaires d’Iberdrola et n’avoir aucunement l’intention de proposer la nomination d’un représentant au conseil d’administration du groupe énergétique.

Sa prise de participation de 6,31% dans Iberdrola a été réalisée pour un montant global de 2,106 milliards d’euros et financée grâce à un crédit relais organisé par la banque BBVA.

Dans un communiqué séparé, Iberdrola a souligné qu’il accueillait favorablement cette prise de participation, jugeant “positivement l’arrivée d’un actionnaire qui a vocation à rester” dans son capital, sans mentionner aucunement un éventuel rapprochement avec Union Fenosa.

Des informations de presse faisaient pourtant état depuis mardi soir d’un projet de fusion entre Union Fenosa et Iberdrola, impliquant le géant espagnol du BTP, ACS.

La fusion entre Iberdrola et Union Fenosa formerait le premier groupe d’électricité en Espagne, devant le numéro un actuel Endesa, avec une valeur boursière dépassant les 42 milliards d’euros.

Cette annonce intervient quelques heures après l’irruption d’un autre groupe de BTP espagnol Acciona dans le feuilleton pour le contrôle du numéro un Endesa, sous le coup de deux OPA concurrentes de la part de l’allemand E.ON. et de l’espagnol Gas Natural.

Acciona a annoncé le rachat de 10% du capital d’Endesa pour 3,38 milliards d’euros, avec l’intention à terme de porter sa part à 24,9%, juste sous le seuil légal des 25% qui le contraindrait à lancer une OPA.

E.ON a répliqué mardi soir en annonçant qu’il relevait son offre de reprise sur le champion espagnol de l’électricité, à 35 euros par action, contre une première offre de 25,405 euros en février, montrant au passage sa forte détermination à acquérir le groupe espagnol.

Alors que le futur d’Endesa reste plus que jamais incertain, compte tenu notamment des divergences entre la Commission européenne et les autorités espagnoles sur ce dossier complexe, un autre acteur du BPT et des services espagnols, ACS, confirme son appétit pour le secteur très rentable de l’électricité, encore relativement morcelé en Espagne.

L’action Iberdrola a réagi par une forte hausse sur la Bourse de Madrid, de 12,66% à 37,56 € vers 11H15 GMT. Le titre ACS prenait pour sa part 6,46% à 39,05 € tandis qu’Union Fenosa reculait de 1,71% à 40,20 €.

L’action Endesa progressait parallèlement de 6,49% à 34,61 €.

 27/09/2006 13:37:56 – © 2006 AFP