Agroalimentaire : La liste de survie!

 
 

agro200.jpgFaire
comprendre à tous ceux qui sont impliqués dans le secteur agroalimentaire
que les meilleures perspectives se trouvent dans le domaine de
l’exportation. Et leur faire comprendre que cette même exportation est
impossible si l’on ne prend pas le taureau par les cornes pour affronter les
nombreuses anomalies qui persistent depuis des années !

Telle est,
manifestement, l’approche de la Consultation nationale sur les exportations
à l’égard de l’un des secteurs économiques les plus délicats mais aussi les
plus prometteurs pour la Tunisie. Tout le monde sait que l’agroalimentaire a
aujourd’hui le vent en poupe, du moins dans la conviction générale. Des
produits comme ceux des catégories Bio ne sont-ils pas devenus la coqueluche
du consommateur européen? Et ce n’est pas le seul exemple.

L’ennui, c’est que
l’agroalimentaire tunisien doit balayer le plus vite possible devant sa
porte s’il souhaite survivre à la concurrence de plus en plus nette, au fur
et à mesure que les échéances de nos engagements vis-à-vis de l’Organisation
mondiale du commerce et de l’Union européenne arrivent à maturation.

La liste où l’on
reproche à l’agroalimentaire des insuffisances liées à la production et à la
commercialisation est impressionnante. Elle fait état d’une production
essentiellement tournée vers le marché intérieur et ne satisfaisant donc pas
aux standards des marchés étrangers, de coûts de production qui sont encore
trop élevés pour être compétitifs, de production discontinue et de manque de
projection (issu de l’inconstance de la production agricole destinée aux
industries agroalimentaires), d’une dispersion de la propriété et d’une
difficulté d’harmonisation des situations foncières, de l’utilisation des
aires agricoles (particulièrement celles irriguées) à un rythme insuffisant
et de la difficulté d’exportation des produits agricoles avec les quantités
souhaitées (surtout quand cela coïncide avec les périodes de pointe sur les
marchés internationaux).

Il y à aussi la carte
agricole qui n’est pas encore entrée dans les usages alors qu’elle aide è
connaître les caractéristiques des régions (comme celles des saveurs et des
goûts). L’aspect du produit et son emballage n’ont pas reçu toute
l’attention qu’ils devraient susciter. L’usage des contrats de production
est restreint. Absence de diversité des catégories de produit (par exemple,
le concentré de tomate). Absence de superficies spécialement dédiées à
l’exportation (surtout les produits Bio). Réticence des entreprises de
l’agroalimentaire à faire leur mise à niveau.

Tout cela tombe sous
le sens quand on sait que les études commerciales brillent par leur absence
alors qu’elles seules pourraient définir les données précises capables
d’ajuster la production aux besoins des marchés extérieurs. Mais, pour cela,
il faudrait encore passer un élément qui nous semble déterminant: comment
réussir à faire véhiculer la culture de l’exportation chez les producteurs
agricoles? Et ce sera peut-être le plus difficile.