La France crée de plus en plus d’emplois, mais surtout en intérim

 
 
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Une agence d’intérim Adecco à Paris, le 13 janvier 2003 (Photo : François Guillot)

[14/09/2006 13:19:28] PARIS (AFP) L’économie française crée de plus en plus d’emplois, selon les statistiques pour le second trimestre publiées jeudi, mais cette confirmation de l’amélioration entamée en 2005 s’explique surtout par des embauches en intérim.

Cette évolution permettra au régime de l’assurance-chômage (Unedic) d’enrayer son déficit cette année (plus de 13 milliards fin 2005) et a fait dire au gouvernement que la reprise de l’emploi s’accélèrait “franchement”.

L’emploi salarié dans le secteur principalement marchand a progressé de 0,3% (+53.600 postes) au deuxième trimestre 2006, soit une hausse de 0,9% (+135.400) sur un an en données corrigées des variations saisonnières (CVS), selon les données révisées de l’Insee.

Hors travail intérimaire, créateur de 34.100 postes, la hausse est cependant moins élevée au deuxième trimestre qu’au premier : +19.500 postes après +27.600, a souligné la Dares, la direction des études du ministère de l’Emploi, en publiant les chiffres de l’Insee.

L’Unedic, dont le champ statistique diffère de celui de l’Insee, a pour sa part enregistré une hausse de 0,4% des effectifs salariés au deuxième trimestre. Sur un an, la hausse atteint +1,3% et représente un gain net de 201.400 emplois de fin juin 2005 à fin juin 2006, du jamais vu depuis la fin de l’année 2001, selon l’Unedic.

“Ces bons chiffres viennent confirmer le dynamisme de l’emploi en entreprise notamment dans les PME”, se sont réjouis le ministre de l’Emploi Jean-Louis Borloo et son ministre délégué Gérard Larcher.

“La reprise que nous vivons reste très fragile”, a nuancé l’économiste Marc Touati (Natexis Banques populaires). “A taux de croissance égal, on n’a jamais créé aussi peu d’emplois salariés”, juge-t-il.

Il n’est pas sûr que l’embauche en intérim marque le premier temps de la reprise mais cela confirme plutôt que “les entreprises n’ont pas une confiance aveugle dans la reprise économique”.

“L’intérim est devenu un mode de fonctionnement du marché du travail dans un contexte où les entreprises n’ont pas beaucoup de visibilité”, dit-il.

“On reste d’ici fin 2006 sur des sentiers de croissance suffisants pour continuer à voir accélérer les créations d’emplois salariés”, estime, lui, Eric Heyer de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Par secteur d’activité, les destructions d’emplois dans l’industrie ont continué au deuxième trimestre au rythme de -0,5%, même si dans l’industrie automobile, le repli a été moins prononcé qu’auparavant.

“Cela ne s’arrange pas mais il y a une atténuation de la baisse”, a relevé Jean-Pierre Revoil, directeur général de l’Unedic.

La construction demeure porteuse, bien que pour la première fois depuis un an et demi, le rythme d’augmentation de l’emploi ait ralenti à +0,8% (+11.000 postes), a souligné la Dares.

Le tertiaire, d’avril à juin, a étoffé ses effectifs de 0,6%, environ la moitié de cette progression étant liée à l’emploi intérimaire.

Les services aux entreprises et aux particuliers, les activités immobilières ou encore la santé marchande figurent parmi les secteurs les plus dynamiques, relève l’Acoss, qui fédère les Urssaf chargées de collecter les cotisations sociales et publie elle-aussi des chiffres de l’emploi salarié (+0,5% au deuxième trimestre).

La France comptait au 30 juin 17,597 millions d’emplois salariés selon l’Insee qui étend depuis septembre son champ de couverture statistique aux entreprises et associations privées du secteur sanitaire, éducatif et social.

 14/09/2006 13:19:28 – © 2006 AFP