Roaming : UFC-Que Choisir soutient Bruxelles pour faire baisser les tarifs

 
 
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Le président deUFC-Que choisir, Alain Bazot, répond aux journalistes, le 24 février 2005 au palais de l’Elysée à Paris (Photo : Mehdi Fedouach)

[03/07/2006 15:04:58] PARIS (AFP) L’UFC-Que Choisir, l’une des principales associations de consommateurs, s’est prononcée lundi, comme la Commission européenne, pour une baisse significative du prix des appels passés par les Français et les touristes européens en déplacement en Europe (“roaming”).

Après de multiples mises en garde, la Commission a décidé en mars de passer à l’offensive en émettant des propositions visant à réduire de 40 à 60% ces tarifs qu’elle juge exorbitants.

Ces propositions devraient être présentées le 19 juillet avant leur examen par le Parlement européen et une application effective pour les vacances prochaines de 2007.

Lundi, le président de l’UFC-Que Choisir Alain Bazot a apporté son “soutien politique” à la commissaire européenne chargée de la société de l’information Viviane Reding qui selon lui doit faire face à un fort “lobbying” des opérateurs.

Mme Reding a proposé une régulation des prix de gros, autrement dit les prix que se facturent entre eux les opérateurs pour acheminer les appels de leurs abonnés. Mais contrairement aux usages en matière de télécoms, elle a aussi proposé une régulation des prix de détail, estimant que la baisse des prix de gros n’était pas toujours répercutée sur le tarif payé par le consommateur.

La commissaire s’est montrée favorable au principe du “tarif du pays d’origine”. Ainsi, un Français en voyage en Allemagne pour la Coupe du Monde ne paierait qu’un tarif local s’il appelle un taxi.

Citant l’exemple des trois opérateurs de téléphonie mobile français, Orange, SFR et Bouygues Telecom, l’UFC estime qu’ils ont perçu 735 millions d’euros en 2004 au titre du “roaming” ou itinérance. Sur cette somme, 406,5 millions d’euros provenaient des Européens en voyage en France sur lesquels les opérateurs français ont dégagé une marge de 325 millions, soit 80%, toujours selon l’UFC.

Dénonçant “l’arnaque aux touristes européens”, l’association de défense des consommateurs a annoncé avoir transmis à Bruxelles une série de mesures. Prônant également une régulation des tarifs de gros et de détail, elles vont encore plus loin que celles de la Commission.

L’UFC propose ainsi la création d’un appel intra-européen unique, qui permettra à n’importe quel Européen en voyage en Europe d’émettre ou de recevoir des appels dans le pays où il se trouve en visite, à un prix qui serait plafonné à 0,466 euro la minute, contre plus d’un euro en général.

L’association insiste en outre sur la mise en place d’un appel local européen, qui permettra à n’importe quel Européen en voyage en Europe d’émettre et de recevoir des appels dans le pays où il se trouve en visite à un tarif proche du prix d’un appel local dans ce pays. Cette idée est également défendue par Bruxelles mais sur laquelle l’association craint une marche arrière.

Ces propositions auraient permis aux consommateurs français en Europe et européens en France d’éviter un “surcoût” qui s’est élevé à 392 millions d’euros en 2004, selon l’association.

“Les opérateurs de télécoms ont un raisonnement européen pour leur réseau” en les interconnectant, “et paradoxalement un raisonnement de nationalités quand il s’agit de tarifs”, a souligné M. Bazot avant d’ajouter: “Les gens ne savent qu’il n’est pas légitime de payer si cher”.

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 03/07/2006 15:04:58 – © 2006 AFP