Récompensé le 5 novembre 2026 à Marseille, un projet de l’Université de Sousse utilise l’intelligence artificielle pour authentifier l’huile d’olive et prévoir les rendements. Au-delà de la distinction scientifique, son avenir économique dépendra de sa validation technique et de son adoption par les professionnels de la filière.

Une équipe de recherche tunisienne a remporté le Prix de l’innovation économique lors de la troisième édition du Forum méditerranéen de l’intelligence artificielle, organisée à Marseille. Porté par la chercheuse Farah Jemili et son équipe, le projet a été sélectionné parmi 83 candidatures, dont six ont atteint la finale.

Son ambition : mobiliser l’intelligence artificielle pour protéger l’huile d’olive contre les fraudes et améliorer l’anticipation des récoltes.

Une technologie au service de la traçabilité

Selon la TAP, la solution exploite des données agronomiques et climatiques pour évaluer l’authenticité et la qualité de l’huile, détecter des anomalies et estimer les rendements oléicoles.

L’équipe privilégie des techniques d’IA économes en ressources informatiques. Une caractéristique potentiellement intéressante pour des exploitations et entreprises disposant de moyens technologiques limités.

Les informations publiées ne précisent toutefois ni la précision des résultats, ni les méthodes de validation, ni le stade de développement du système.

Transformer l’innovation en avantage commercial

Pour les exportateurs tunisiens, l’intérêt potentiel dépasse la détection des fraudes. Un dispositif fiable pourrait contribuer à documenter l’origine et la qualité des produits, deux dimensions importantes pour leur valorisation commerciale.

L’enjeu est significatif : selon l’ONAGRI, 85,5 % des volumes d’huile d’olive exportés entre novembre 2025 et août 2026 étaient commercialisés en vrac.

Mais une innovation primée ne constitue pas automatiquement un outil de certification reconnu. Son exploitation commerciale nécessiterait des essais indépendants, l’accès à des données agricoles représentatives et des partenariats avec les opérateurs de la filière.

Les conditions d’utilisation des données et le coût du dispositif devront également être clarifiés.

Le défi du passage au marché

La prochaine étape déterminante sera donc de démontrer que cette technologie peut fonctionner dans des conditions industrielles, avec des résultats reproductibles et acceptés par les professionnels.

Aucun calendrier commercial ni accord industriel n’est documenté à ce stade dans les sources consultées.

Le succès remporté à Marseille ouvre une perspective pour la recherche tunisienne. Sa contribution réelle à la protection de la valeur des exportations oléicoles reste à établir.

CHIFFRES CLÉS

  • 5 novembre 2026 : date du forum à Marseille.
  • 83 candidatures au départ, selon l’ambassade de Tunisie.
  • 6 projets finalistes.
  • 2 récompenses décernées, selon la TAP.
  • 85,5 % : part du vrac dans les volumes exportés de novembre 2025 à août 2026, selon l’ONAGRI.