La Russie se dit prête à renforcer sa coopération énergétique avec la Tunisie, notamment dans le nucléaire civil. Face aux tensions électriques, cette ouverture rappelle une ambition ancienne : dès les années 1960, le physicien tunisien Béchir Torki avait étudié un projet associant production nucléaire d’électricité et dessalement de l’eau de mer.

Un déficit électrique qui relance le débat

La Tunisie pourrait explorer une coopération nucléaire avec la Russie, mais aucune décision de construction n’a été annoncée.

Le 26 octobre 2026, Maxim Orechkine, haut responsable de l’administration présidentielle russe, a déclaré que Moscou était disposée à examiner les propositions tunisiennes de coopération énergétique. Il a également évoqué le nucléaire civil parmi les possibilités de partenariat avec les pays africains.

Cette ouverture intervient dans un contexte de tensions sur l’approvisionnement électrique tunisien.

Le 3 novembre, Slah Zouari, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, a indiqué devant les parlementaires que la capacité disponible atteignait 4 450 mégawatts, contre une demande maximale de 6 000 mégawatts.

L’écart représente 1 550 mégawatts, illustrant la pression exercée sur le réseau lors des pointes de consommation.

Tunisie–Russie : Moscou se dit prêt à élargir le dialogue économique

Béchir Torki, un précédent remontant aux années 1960

L’intérêt tunisien pour le nucléaire ne date pourtant pas d’aujourd’hui.

Dès les années 1960, le physicien Béchir Torki avait travaillé sur un projet de réacteur nucléaire destiné à produire de l’électricité et à dessaler l’eau de mer.

Les archives de la Bibliothèque nationale de Tunisie répertorient notamment un rapport de 1965 consacré à cette double utilisation.

Selon un témoignage historique publié par Leaders, le projet envisageait une centrale de 75 mégawatts dans le sud tunisien. Cette initiative n’a pas abouti à une installation opérationnelle.

Ce précédent rappelle que le débat nucléaire tunisien s’inscrit dans une réflexion énergétique ancienne.

Pourquoi la Tunisie envisage-t-elle une coopération nucléaire avec la Russie ?

La Tunisie pourrait étudier une coopération nucléaire avec la Russie afin de diversifier ses solutions énergétiques face aux tensions électriques. Moscou s’est déclarée ouverte aux propositions tunisiennes en octobre 2026. Cette perspective rappelle les travaux de Béchir Torki dans les années 1960, mais aucun projet de centrale n’a été annoncé.

Une option stratégique, mais pas immédiate

Pour Habib Rabah, président du Centre d’études de l’action arabe commune, une coopération avec Moscou pourrait également diversifier les approvisionnements tunisiens en hydrocarbures.

La Russie dispose d’une expérience industrielle dans le nucléaire civil, notamment à travers le projet égyptien d’El-Dabaa.

Mais construire une centrale suppose des financements importants, des infrastructures adaptées, des compétences spécialisées et un cadre de sûreté rigoureux.

La question demeure donc celle de la faisabilité économique et technique d’un programme nucléaire tunisien, au-delà des ouvertures diplomatiques.

CHIFFRES CLÉS

  • 4 450 MW : capacité électrique disponible annoncée par Slah Zouari.
  • 6 000 MW : demande maximale d’électricité rapportée.
  • 1 550 MW : écart arithmétique entre ces deux niveaux.
  • 1965 : rapport de Béchir Torki sur un réacteur nucléaire destiné à l’électricité et au dessalement.
  • 75 MW : puissance envisagée pour le projet historique, selon un témoignage publié par Leaders.

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