Le Brent a terminé le 23 octobre 2026 à 116,72 dollars le baril, ravivant les inquiétudes des pays importateurs d’énergie. Malgré une détente envisagée pour 2027 par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), la Tunisie reste exposée à une facture pétrolière élevée, sur fond de déficit commercial énergétique croissant.
Le prix du baril est redevenu un indicateur sensible pour l’économie tunisienne. Vendredi 23 octobre, le contrat à terme Brent de décembre s’est établi à 116,72 dollars, en hausse de 3,14 % sur la séance, selon Reuters. Cette clôture ne représente toutefois ni le prix moyen de l’année ni le coût effectivement payé par les importateurs tunisiens.
Une volatilité qui change la donne
En décembre 2025, le Brent valait en moyenne 62,54 dollars au comptant. En septembre 2026, sa moyenne mensuelle atteignait 114,16 dollars, selon la série EIA publiée par la Réserve fédérale de Saint-Louis. Cette hausse illustre le basculement du marché sous l’effet des perturbations de l’approvisionnement et des tensions au Moyen-Orient.
L’Agence internationale de l’énergie souligne une autre fragilité : les stocks mondiaux observés étaient, fin septembre, inférieurs de 509 millions de barils à ceux de fin février. Cette contraction limite les marges d’absorption d’un nouveau choc.
Pour 2027, l’EIA prévoyait, dans son rapport du 6 octobre, un Brent moyen de 84 dollars, contre 96 dollars pour 2026. Mais ses hypothèses avaient été arrêtées au 1er octobre : elles n’intègrent pas l’ensemble des événements survenus depuis. La détente annoncée reste donc une projection conditionnelle, et non un retour assuré à des prix modérés.
L’étude WMC distingue plusieurs trajectoires possibles : une normalisation progressive des approvisionnements, un conflit prolongé maintenant les cours élevés, ou une aggravation des perturbations. Ces scénarios servent à mesurer les risques, sans probabilité chiffrée. Les perspectives pour 2028 sont encore plus incertaines.
CHIFFRES CLÉS
- 116,72 dollars/baril : clôture du contrat Brent de décembre, le 23 octobre 2026.
- 114,16 dollars/baril : moyenne mensuelle au comptant du Brent en septembre 2026.
- 84 dollars/baril : moyenne annuelle du Brent prévue par l’EIA pour 2027.
- 509 millions de barils : recul des stocks mondiaux observés entre fin février et fin septembre 2026, selon l’AIE.
- 10,480 milliards DT : déficit commercial énergétique tunisien de janvier à septembre 2026
La facture tunisienne sous pression
La vulnérabilité tunisienne apparaît déjà dans les chiffres du commerce extérieur. Selon l’Institut national de la statistique, le déficit commercial énergétique a atteint 10,480 milliards de dinars entre janvier et septembre 2026, contre 8,106 milliards un an auparavant. Il représente ainsi près de la moitié du déficit commercial total, établi à 20,997 milliards de dinars.
Cette exposition dépasse les achats de pétrole brut. Les importations de produits raffinés, le gaz, le fret maritime et le taux de change contribuent au coût final de l’énergie. Lorsque ces charges augmentent, les entreprises peuvent subir une pression sur leurs marges, tandis que les mécanismes de compensation peuvent solliciter davantage les finances publiques.
Pour autant, une multiplication mécanique de la hausse du Brent par un coefficient budgétaire ne permet pas d’établir le surcoût réel pour l’État. Celui-ci dépend aussi des volumes importés, des prix contractuels, de la production nationale et des décisions relatives aux prix intérieurs.
Le principal enjeu pour la Tunisie n’est donc pas de savoir si le baril dépassera ponctuellement 120 dollars. Il est de déterminer combien de temps les hydrocarbures resteront chers, et à quel coût en dinars l’économie devra les financer.
EN BREF
- Le Brent a clôturé à 116,72 dollars le 23 octobre 2026 pour le contrat à terme de décembre, dans un contexte de tensions persistantes sur les approvisionnements.
- L’EIA anticipe une moyenne de 84 dollars en 2027, mais cette prévision publiée le 6 octobre dépend d’une normalisation de l’offre.
- En Tunisie, le déficit commercial énergétique atteint 10,480 milliards de dinars sur les neuf premiers mois de 2026, près de la moitié du déficit total.
- L’enjeu majeur reste le coût durable des importations, en tenant compte des carburants raffinés, du change et de la compensation.
U.S. Energy Information Administration — Short-Term Energy Outlook, octobre 2026


