Le comité des banques créancières du Sénégal aurait choisi Houlihan Lokey comme conseiller financier, selon quatre sources citées par Reuters le 23 octobre. Cette étape intervient alors que Dakar veut utiliser une version « renforcée » du Cadre commun du G20 pour traiter sa dette.
La désignation rapportée par Reuters ne constitue pas un accord de restructuration. Elle dote les banques d’un interlocuteur spécialisé pour préparer des discussions sans modalités financières ni calendrier public.
Des créanciers organisés par catégories
Selon une présentation gouvernementale aux créanciers consultée par Reuters, les autorités sénégalaises ont rencontré les banques le 25 septembre 2026. Celles-ci ont ensuite constitué leur comité, distinct de celui prévu pour les institutions régionales de développement. Les créanciers bilatéraux et les détenteurs d’obligations disposent également de leurs propres espaces de représentation.
Cette architecture vise à réunir des prêteurs dont les contrats, les échéances et les contraintes ne sont pas identiques. Elle peut faciliter les échanges, sans garantir que tous accepteront des concessions comparables. Houlihan Lokey n’a pas souhaité commenter l’information ; le gouvernement sénégalais n’avait pas répondu à Reuters.
Le test d’un Cadre commun élargi
Créé pour coordonner le traitement des dettes, le Cadre commun du G20 recherche un partage des efforts entre créanciers publics et privés, selon la Banque mondiale. Dakar souhaite en adapter le fonctionnement à une dette répartie entre plusieurs familles de prêteurs.
La contrainte financière reste considérable : le FMI évaluait la dette totale du secteur public sénégalais à 132 % du PIB fin 2024. En septembre 2026, ses services ont annoncé un accord technique sur un programme d’environ 2,2 milliards de dollars, toujours soumis à l’approbation du conseil d’administration et à des assurances de financement.
La négociation bancaire devra éclaircir quelles échéances pourraient être reportées, et à quelles conditions. Une réduction du montant dû ne saurait être présumée à ce stade.
Pour le Sénégal, l’enjeu est de convertir cette coordination en engagements crédibles. Pour les autres États africains endettés, l’expérience pourrait éclairer les possibilités, mais aussi les limites, d’une restructuration associant davantage les banques.
CHIFFRES CLÉS
- 4 sources citées par Reuters sur le choix de Houlihan Lokey.
- 25 septembre 2026 : rencontre du gouvernement sénégalais avec ses créanciers bancaires.
- 132 % du PIB : dette totale du secteur public sénégalais à fin 2024, selon le FMI.
- 2,2 milliards de dollars environ : montant du programme envisagé avec le FMI pour 2026-2029, soumis à approbation.


