La Tunisie ambitionne de porter de 100 à 160 le nombre de brevets nationaux issus de ses structures publiques de recherche en 2027. Derrière cette progression de 60 %, annoncée dans le projet de budget économique, se pose une question essentielle : comment convertir davantage de résultats scientifiques en valeur économique ?

Selon les orientations du projet de budget économique 2027, rapportées le 18 octobre par la Radio nationale et Express FM, les structures publiques de recherche tunisiennes devraient viser 160 brevets au niveau national, contre 100 en 2026. Il s’agit d’un objectif, dont la réalisation reste à confirmer.

Des ambitions scientifiques en hausse

Le programme prévoit également trois brevets à l’international en 2027, contre deux en 2026. La production scientifique attendue atteindrait 11 611 publications, tandis que la part des articles publiés dans des revues de catégories 1 et 2 passerait de 70 % à 72 %.

Ces indicateurs traduisent une volonté de renforcer la production scientifique et sa protection juridique. Ils ne renseignent toutefois pas directement sur les retombées commerciales des travaux de recherche.

Financement et propriété intellectuelle

Parmi les orientations annoncées figurent la prise en charge de frais de dépôt de brevets à l’international, l’élaboration de politiques institutionnelles de propriété intellectuelle et le renforcement des équipements scientifiques.

Les autorités envisagent également d’étudier un mécanisme d’incitation fiscale en faveur du financement de la recherche. À ce stade, il s’agit d’une piste de réflexion, et non d’un avantage fiscal adopté.

Le véritable enjeu : transformer les brevets en activité économique

Pour les entreprises tunisiennes, la portée économique de cette politique dépendra notamment de la capacité des laboratoires à transférer leurs technologies vers des applications industrielles et commerciales.

Un brevet protège une invention, mais son dépôt ne signifie pas automatiquement qu’elle sera exploitée, financée ou commercialisée.

Trois indicateurs permettraient d’apprécier les résultats au-delà du volume de dépôts : le nombre de brevets effectivement exploités par les entreprises, les revenus générés par les licences et les projets industriels issus de partenariats avec la recherche publique.

Ces données ne figurent pas dans les éléments actuellement disponibles.

L’ambition de 160 brevets constitue ainsi un objectif quantifiable. Sa véritable portée économique dépendra de ce que les entreprises et les laboratoires parviendront à construire à partir de ces inventions.

CHIFFRES CLÉS

  • 160 brevets nationaux visés en 2027, contre 100 en 2026.
  • +60 % : progression calculée de l’objectif national.
  • 3 brevets visés à l’international en 2027, contre 2 en 2026.
  • 11 611 publications scientifiques attendues en 2027.
  • 72 % des publications dans les revues de catégories 1 et 2, contre 70 % en 2026.