Selon le Baromètre du numérique 2026 de l’INT, 47,9 % des internautes tunisiens déclarent utiliser des outils d’intelligence artificielle. Mais l’information et l’éducation dominent les pratiques, tandis que l’aide au travail reste minoritaire.

Près d’un internaute tunisien sur deux utilise l’intelligence artificielle. Le chiffre de 47,9 % s’applique aux personnes connectées, et non à l’ensemble de la population. Menée du 15 mai au 10 juin 2026 auprès de 5 077 personnes âgées de 10 à 70 ans, l’enquête de l’Instance nationale des télécommunications (INT) mesure des pratiques déclarées. Elle ne démontre ni leur fréquence ni les gains qu’elles pourraient produire.

Par ailleurs, 85,9 % des personnes interrogées utilisent Internet et 84,3 % possèdent un smartphone. L’accès au numérique est donc beaucoup plus étendu que la pratique déclarée de l’IA.

D’abord s’informer et apprendre

Parmi les utilisateurs d’IA, 68,9 % citent la recherche d’informations et 51,2 % les cours ou l’éducation. La retouche de photos et de vidéos atteint 20,7 %, contre 17,6 % pour l’aide au travail. Ces catégories ne sont pas exclusives : une même personne peut déclarer plusieurs usages.

Cette hiérarchie dessine une appropriation surtout tournée vers la recherche et l’apprentissage. Elle ne signifie pas que les usages professionnels seraient inexistants, mais elle invite à distinguer la découverte d’un outil de son intégration dans les activités économiques.

Une fracture générationnelle spectaculaire

L’IA est utilisée par 74 % des internautes de 10 à 17 ans et 74,1 % de ceux de 18 à 24 ans. Le taux descend à 57,2 % chez les 25-34 ans, 39,6 % chez les 35-44 ans, 27,7 % chez les 45-54 ans et 7,3 % chez les 60-70 ans. Chaque pourcentage concerne les internautes de la tranche d’âge, pas l’ensemble des personnes de cet âge.

Les différences ne sont pas seulement générationnelles. Parmi les internautes, le recours à l’IA atteint 70,3 % chez les universitaires contre 1,4 % chez les personnes sans scolarité. Il s’établit à 60,1 % pour les ménages disposant d’au moins 2 500 dinars de revenu, contre 36,3 % pour ceux ne dépassant pas 600 dinars.

Au travail, des questions encore ouvertes

Le taux de 17,6 % relatif à l’aide au travail concerne les utilisateurs d’IA : il ne mesure donc pas la proportion de salariés utilisant cette technologie. Autre résultat notable, 39,1 % des internautes actifs utilisent l’IA, contre 56,8 % des inactifs. Sans connaître précisément la composition de ces groupes, il serait abusif d’en tirer une conclusion sur la maturité numérique des entreprises.

Quels sont les freins ? Formation insuffisante, coûts, confidentialité des données ou difficulté à identifier des applications utiles constituent des pistes à examiner, non des obstacles établis par cette enquête. Les fiches publiées par l’INT ne permettent ni de les quantifier ni de les classer.

Pour les entreprises tunisiennes, le véritable enjeu est désormais de mesurer les usages par métier, leurs conditions de déploiement et leurs résultats. Les 47,9 % signalent une diffusion de l’IA ; ils ne prouvent pas encore sa transformation en productivité.

CHIFFRES CLÉS

  • 47,9 % des internautes déclarent utiliser l’intelligence artificielle.
  • 68,9 % des utilisateurs d’IA l’emploient pour rechercher des informations.
  • 51,2 % utilisent l’IA dans le cadre des cours et de l’éducation.
  • 17,6 % mentionnent l’aide au travail.
  • 74,1 % des internautes de 18 à 24 ans utilisent l’IA, contre 7,3 % des 60-70 ans.
  • 5 077 personnes composent l’échantillon de l’enquête menée en 2026.

EN BREF

  • Le Baromètre du numérique 2026 de l’INT révèle que 47,9 % des internautes tunisiens utilisent l’intelligence artificielle.
  • Les principaux usages concernent la recherche d’informations et l’éducation, tandis que l’aide au travail reste moins fréquemment citée.
  • Les écarts générationnels sont importants : près de trois quarts des jeunes internautes utilisent l’IA, contre une faible proportion des plus âgés.
  • Le niveau d’instruction et les revenus s’accompagnent également de différences marquées.
  • L’enquête ne permet pas d’identifier les obstacles professionnels ni de mesurer les gains économiques de cette adoption.