Les industries mécaniques et électriques généreraient environ 30 milliards de dinars de recettes en devises, selon le directeur général du CETIME. Une annonce qui souligne le poids du secteur, mais soulève une question essentielle : que mesure exactement ce montant ?
Les industries mécaniques et électriques occupent une place centrale dans les exportations tunisiennes. Mardi 13 octobre 2026, Noureddine Guizani, directeur général du Centre technique des industries mécaniques et électriques (CETIME), a indiqué sur la Radio nationale que le secteur apportait environ 30 milliards de dinars en devises à l’économie tunisienne.
Cette déclaration mérite toutefois une clarification statistique : le montant désigne-t-il des exportations de marchandises ou un apport net en devises ?
Un secteur de 924 entreprises
Intervenant dans l’émission Al Machhad Al Aan, Noureddine Guizani a avancé plusieurs indicateurs : 924 entreprises, environ 400 000 emplois indirects et une contribution proche de 50 % aux exportations manufacturières.
Selon le responsable, les industries mécaniques et électriques constituent le premier secteur exportateur tunisien.
Il a également présenté les activités du CETIME dans l’ingénierie, l’électronique, la mécanique et le prototypage industriel, ainsi que l’intérêt d’entreprises internationales pour les compétences industrielles tunisiennes.
Ce que confirment les statistiques officielles
Les dernières données disponibles de l’Institut national de la statistique confortent l’importance du secteur.
Dans son communiqué du 12 octobre 2026, l’INS indique que les exportations des industries mécaniques et électriques ont progressé de 9,9 % sur les neuf premiers mois de 2026, comparativement à la même période de 2025.
Mais cette évolution ne valide pas automatiquement l’interprétation des 30 milliards annoncés.
La valeur brute des exportations ne correspond pas nécessairement à un apport net en devises. Les importations d’intrants et les autres flux extérieurs doivent notamment être distingués des recettes exportatrices.
Une clarification encore nécessaire
Deux précisions restent indispensables : la période couverte par les 30 milliards de dinars et leur périmètre de calcul.
Parallèlement, les 400 000 emplois indirects évoqués ne peuvent être assimilés aux effectifs directement employés dans les entreprises du secteur.
Le constat : le poids exportateur des industries mécaniques et électriques est confirmé. L’interprétation des 30 milliards de dinars comme apport net en devises demeure, en revanche, non établie.
Chiffres clés
- 30 Mds DT Recettes en devises annoncées ; période ND
- 924 Entreprises, selon Guizani
- 400 000 Emplois indirects évoqués
- ≈ 50 % Part annoncée des exportations manufacturières
- +9,9 % Exportations IME, janvier-septembre 2026, INS


