La Tunisie a appelé, mardi, à renforcer la coopération interafricaine dans le domaine du numérique et de l’intelligence artificielle (IA), soulignant l’urgence de passer d’initiatives isolées à un partenariat stratégique continental.

“Le défi majeur du continent réside dans la transition de démarches individuelles et dispersées vers des écosystèmes de coopération et de partenariats élargis, capables de bâtir des marchés numériques intégrés et de renforcer la compétitivité de l’Afrique à l’échelle internationale”, a affirmé, à cet effet, le ministre des Technologies de la Communication, Sofiene Hemissi.

Hémissi, qui s’exprimait à l’ouverture, à Tunis, du troisième salon panafricain de l’IA, des technologies et de l’investissement, “Bigtech Africa“, devant un parterre de décideurs, d’investisseurs, d’experts et de représentants de startups venus de plus de 15 pays africains, a ajouté que pour concrétiser cette intégration, la Tunisie préconise une synergie accrue entre les États africains pour le développement des infrastructures numériques, le renforcement de la cybersécurité, l’encouragement de l’innovation ouverte, l’échange d’expertises et l’harmonisation des cadres réglementaires afin de stimuler l’investissement ciblé.

Selon lui, cette dynamique permettra à l’Afrique d’affirmer sa souveraineté numérique et de ne plus être un simple marché consommateur de technologies, mais un véritable espace de création, de production et d’exportation de solutions adaptées aux réalités locales.

Dans cette optique, la Tunisie entend mettre son capital humain et ses infrastructures au service du développement régional. Grâce à des mécanismes d’appui à l’innovation comme le Startup Act, qui compte déjà plus de 1 500 startups labellisées, le pays se positionne comme un pont naturel et un laboratoire régional entre l’Afrique, l’Europe et le monde arabe.

Le pays est prêt à accueillir, tester et déployer des solutions technologiques novatrices dans des secteurs à haute valeur ajoutée tels que la fintech, la santé numérique, les technologies vertes, le cloud computing et la cybersécurité, a déclaré le ministre, appelant à une alliance renforcée entre les gouvernements, le secteur privé, le monde universitaire et les institutions financières.

L’ouverture du Bigtech Africa 2026 a également été l’occasion pour le Directeur Général de Smart Capital, Tarek Triki d’annoncer que le partenariat conclu lors de l’édition précédente du salon entre le fonds de fonds Anava et le fonds 216 Capital pour accompagner 60 startups tunisiennes, réparties sur 3 cohortes, afin de les rendre prêtes pour l’investissement international a déjà commencé à donner ses fruits.

Une première cohorte de 17 startups a déjà été finalisée et financée moyennant une enveloppe de 1,1 million d’euros. Chaque startup sélectionnée à reçu un ticket d’investissement initial de 50 000 €, avec des opportunités de refinancement ultérieures. La prochaine cohorte sera prochainement lancée.

Organisé par TPM Events, en partenariat avec le ministère des Technologies de la Communication, et Smart Capital, l’ édition 2026 de BIGTECH Africa, qui se tient les 13 et 14 octobre 2026, à la Cité de la Culture à Tunis, est axé sur l’écosystème de l’innovation et la technologie et des startups. Il se veut également une plateforme qui réunit ses acteurs, les investisseurs et les partenaires de Tunisie, d’Afrique et d’ailleurs pour échanger et explorer des pistes de coopération.

Trois espaces sont aménagés dans le cadre de cet évènement : l’espace Exposition, qui réunit startups et exposants, l’espace débat avec des sessions et des ateliers animés par des experts et des professionnels tunisiens et internationaux et l’espace networking dédié aux rencontres bilatérales entre investisseurs, intervenants et acteurs économiques.

Plus de 3 000 participants et près de 80 exposants dont 68 startups de Tunisie et de plusieurs pays y prennent part.