Avec 43 fabricants, l’industrie pharmaceutique tunisienne assure environ 80 % de la consommation nationale en quantités, contre 60 % en valeur. Cet écart de vingt points soulève une question : quelle place occupe réellement la production locale dans la structure du marché ?

L’industrie pharmaceutique tunisienne dispose d’une base productive importante, mais son poids économique ne se mesure pas uniquement au nombre de médicaments fabriqués.

Invité de l’émission Le Paysage économique sur la Radio nationale, vendredi 9 octobre 2026, Tarek Hammami, représentant de la Chambre syndicale nationale de l’industrie pharmaceutique, a indiqué que 43 entreprises produisent des médicaments à usage humain en Tunisie.

Selon ses déclarations, ces fabricants couvrent environ 80 % de la consommation nationale en quantités, mais seulement 60 % en valeur.

Un écart qui interroge la structure du marché

Cette différence de vingt points de pourcentage constitue le principal signal économique.

La couverture en volume mesure la part des quantités consommées provenant de la fabrication nationale. La couverture en valeur mesure leur poids monétaire dans le marché.

Les deux indicateurs décrivent donc des dimensions différentes de l’autonomie productive.

Une hypothèse serait que les fabricants locaux occupent une place plus importante dans les médicaments relativement moins coûteux, tandis que certains produits de valeur élevée seraient davantage importés.

Mais cette explication reste à vérifier. Les données communiquées ne précisent ni les catégories thérapeutiques concernées, ni la répartition des importations, ni les prix moyens.

Un secteur de plus de 9 000 emplois

Au-delà de la couverture nationale, Tarek Hammami a indiqué que l’industrie pharmaceutique emploie plus de 9 000 personnes et génère annuellement plus de 320 millions de dinars d’exportations.

Ces indicateurs soulignent la dimension industrielle et exportatrice du secteur, sans permettre de mesurer sa progression récente.

Le représentant professionnel a également évoqué le potentiel de modernisation technologique de quatre usines tunisiennes, ainsi que le développement de l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Le prochain enjeu : mesurer la valeur produite

Pour approfondir ce diagnostic, il faudrait comparer les médicaments fabriqués localement et importés, leurs valeurs respectives, ainsi que les capacités de recherche-développement.

L’enjeu dépasse ainsi le taux de couverture : il concerne la capacité de l’industrie tunisienne à accroître la valeur de sa production, question encore ouverte.

Chiffres clés

  • 43 fabricants de médicaments humains
  • ≈ 80 % de la consommation en quantités
  • 60 % du marché en valeur
  • 9 000 emplois déclarés
  • 320 MDT exportations annuelles déclarées