L’euro a touché 1,1161 dollar, son plus bas niveau en 17 mois, tandis que la prime de risque française reste élevée. Le prochain test est celui d’une éventuelle transmission au crédit européen et aux partenaires méditerranéens.

La tension française ne se lit plus uniquement sur le marché obligataire. Le 5 octobre, l’euro est descendu jusqu’à 1,1161 dollar, au plus bas depuis mai 2025. Dans le même temps, l’écart de rendement entre les obligations françaises et allemandes à dix ans demeure exceptionnellement large.

Le chiffre de 160 points de base ne correspond toutefois pas au niveau observé ce lundi : après avoir dépassé 150 points le 2 octobre, le spread s’est replié autour de 141 à 146 points de base.

Du budget français au risque européen

Le problème de fond reste budgétaire. Le gouvernement français prévoit un déficit de 5,4 % du PIB en 2026, puis de 5,0 % en 2027, tandis que la dette atteindrait 121,7 % du PIB en 2027.

Une tension durable sur la dette française peut peser sur l’euro si les investisseurs commencent à y voir un risque plus large pour la zone monétaire. Mais attribuer toute la baisse de l’euro à la France serait excessif : les taux américains, les anticipations monétaires et l’environnement international interviennent également.

Le véritable seuil d’alerte serait ailleurs : dans une transmission aux banques et aux entreprises. Les épisodes passés montrent qu’une hausse persistante du risque souverain peut augmenter les coûts de financement bancaire et, à terme, durcir le crédit.

La Tunisie exposée par le commerce

Pour la Tunisie, le premier canal serait probablement commercial et monétaire. Sur les huit premiers mois de 2026, 70,2 % des exportations tunisiennes étaient destinées à l’Union européenne.

Un euro plus faible peut modifier la valeur des recettes, tandis qu’un ralentissement du crédit et de la demande en Europe pourrait affecter les commandes adressées aux entreprises tunisiennes.

Le scénario à surveiller est donc une chaîne : risque budgétaire français → prime souveraine → euro → crédit → demande européenne. À ce stade, il s’agit d’un risque de transmission, pas d’une nouvelle crise de la zone euro.

Chiffres clés 

  • EUR/USD : point bas à 1,1161 le 5 octobre ; 
  • taux BCE de référence : 1,1204 ; 
  • spread OAT-Bund : plus de 150 pb le 2 octobre, puis environ 141-146 pb le 5 octobre ;
  • déficit français prévu : 5,4 % du PIB en 2026 et 5,0 % en 2027 ;
  • dette prévue : 121,7 % du PIB en 2027 ;
  • part de l’UE dans les exportations tunisiennes : 70,2 % sur les huit premiers mois de 2026.

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