Au moment où la Tunisie fait flèche de tout bois pour porter son quota annuel  d’exportation d’huile d’olive sur l’Union européenne (UE), de 56700 tonnes à 100 mille tonnes, le gouvernement d’Andalousie (Espagne) vient de demander, en ce mois de septembre 2026, au ministère espagnol de l’Agriculture de saisir la Commission européenne pour suspendre le perfectionnement actif appliqué à l’huile d’olive.

Le perfectionnement actif étant un régime qui permet à des marchandises de pays tiers d’entrer dans l’Union sans acquitter immédiatement les droits lorsqu’elles doivent y être transformées avant réexportation. Si elles sont finalement mises en libre circulation, les droits deviennent exigibles.

La requête s’appuie sur l’article 195 du règlement européen 1308/2013, qui autorise Bruxelles à suspendre ce dispositif, totalement ou partiellement, lorsqu’il perturbe ou risque de perturber le marché de l’Union.

Objectif recherché par la région d’Andalousie : suspendre un régime douanier s’appliquant à 76,3 % des importations espagnoles d’huile tunisienne début 2026.

Selon la région d’Andalousie 61,6% des importations espagnoles d’huile tunisienne relevaient de ce régime en 2025 et 76,3% entre janvier et avril 2026. L’huile vierge extra représentait alors 75% des volumes concernés.

A travers cette requête,  la région d’Andalousie rejoint celle des syndicats italiens. Dans leur requête ces syndicats ont exprimé, à l’adresse de la Commission européenne leur inquiétude face à la perspective d’une hausse des importations d’huile d’olive tunisienne, estimant qu’un élargissement des quotas pourrait accentuer la pression sur les prix sur le marché européen. Concrètement, ils dénoncent une concurrence croissante déloyale des huiles provenant de pays méditerranéens non membres de l’Union européenne dont la Tunisie.

En réponse à ces requêtes espagnole et italienne, la Commission européenne a écarté de nouvelles concessions commerciales à la Tunisie concernant l’huile d’olive.

ABS